28 octobre 2009
"Dexter - Saison 2" : un sans faute !
On avait tellement aimé "Dexter" qu'on n'avait pas envie de lui voir une suite, qui aurait systématisé - et donc désincarné - les rituels et les obsessions de notre serial killer favori. Heureusement, les scénaristes de la saison 2 ont évité avec élégance le piège typique de la mécanique de "série télé", et l'ont approché comme une nouvelle histoire au long court, un nouveau sujet, un nouveau "film" à part entière. Avec un nouveau sujet, prolongeant le premier mais pas trop, avec un développement passionnant du personnage principal (Michael C Hall toujours parfait), avec un approfondissement des riches personnages secondaires, et avec - surtout - l'apparition de la fascinante Lila, qui répète brillamment l'ambiguïté "fascination - répulsion" à la base de "Dexter". Encore une fois un sans faute !
08 octobre 2009
"Mad Men - Saison 1" : la série parfaite ? pas encore, mais...
Lorsqu'une nouvelle série recueille tous les suffrages critiques, comment ne pas laisser notre niveau d'attente grimper au plafond… au risque de la déception ? Le pilote de "Mad Men" est simplement parfait, miracle de précision dans la description d'une époque où misogynie et racisme étaient la norme (avant le basculement politique et moral des années "révolutionnaires"), mais une époque qui est aussi la "matrice" de la nôtre : car ce que "Mad Men" nous permet de voir - pour la 1ère fois ? - c'est la naissance du capitalisme moderne au sein d'une société aussi innocente que déjà profondément cruelle et injuste. Le choix des scénaristes de se refuser largement à tout "effet série" (coups de théâtre et suspense) pour privilégier l'observation fine de personnages qui nous paraissent presque monstrueux dans leurs codes sociaux aujourd'hui oubliés (la cigarette !) fait néanmoins que la série piétine un peu avant de trouver son rythme propre, sa profondeur. On attend avec impatience la suite…
07 septembre 2009
"The Shield - Saison 7" : la conclusion exemplaire d'une grande série...
La conclusion de "The Shield", après 6 saisons qui n'auront jamais baissé d'intensité, restera un exemple d'intelligence en la manière de conclure une grande série TV, exercice que ni "The Sopranos" (sa fin abrupte assez lâche) ni "Six Feet Under" (son "fast forward" un tantinet racoleur) n'avaient réussi. Shawn Ryan fait monter la pression et descendre le moral du téléspectateur au long de 12 épisodes de plus en plus noirs, jusqu'au dernier qui voit chacun des personnages arriver au bout de son chemin. Au delà de la crédibilité des situations, d'ailleurs filmées ici un peu moins brutalement, ce qui laisse une sorte de respiration, bien venue, la grande réussite du scénario est de prendre acte de la logique dramatique d'un récit finalement assez bien tenu au long de 7 années, sans sacrifier aux facilités habituelles de la narration "populaire" (coups de théâtre, faux semblants), ni aux sirènes de la morale : si punition il y a, nul ne saurait la prétendre juste ou proportion avec les crimes commis. Oui, c'est exemplaire !
06 août 2009
"Dr House - Saison 4" : un nouveau souffle ?
S'étant rendus compte après 3 saisons que, malgré son immense succès planétaire, "Dr. House" tournait un peu un rond, ses scénaristes ont eu trois idées excellentes : d'abord, renouveler radicalement l'équipe de notre sociopathe préféré - et ses nouveaux souffre-douleurs sont plutôt plus intéressants que le pâle trio initial -, ensuite organiser une sorte d'élimination des candidats suivant le principe "à la mode" de la téléréalité, ici sur des bases totalement arbitraire (ce qu'on peut lire comme une critique de ce genre de jeu de massacre faussement rationnel), et enfin, dans un final en 2 épisodes remarquable, envoyer la "Dr. House" se ballader sur le terrain beaucoup plus "émotionnel" de la série "standard". C'est là un risque indéniable - perdre l'aspect furieusement théorique qui soutient son fonctionnement -, mais il est clair que la série star a trouvé comment évoluer pour survivre.
22 juin 2009
"The Office [US] - Saison 4" : la meilleure saison à date...
La 4ème saison de "The Office", version US, est sans nul doute la meilleure à date, même si l'on a toujours un peu de mal à la qualifier d'excellente, tant il est clair que ses défauts les plus rédhibitoires resteront les mêmes : il y a ici, à la différence de la série anglaise originale, une incapacité des scénaristes à créer ce sentiment de "vérité" dans les situations professionnelles, qui étaient si essentielles dans le concept original 5on peut parier qu'aucun scénariste à l'œuvre ici n'a jamais travaillé dans l'équivalent d'une Dunder Mifflin !). Par contre, la comédie sentimentale agrémentée de ouffonneries délirantes a trouvé son véritable rythme, et Carell nous régale ici en jouant sur un ton de plus en plus subtil… Il faut voir en particulier le remarquable double épisode final, qui conjugue tout ce qui est brillant dans "The Office" : les situations embarassantes, la folie douce générale, la complexité des rapports amoureux, et des relations humaines quelles qu'elles soient dans une société terriblement formatée.
12 juin 2009
"30 Rock - Saison 2" : N'importe quoi ? Oui, mais hilarant !
Ce qui est formidable dans cette seconde saison du sitcom "30 Rock", c'est que Tina Fey et son équipe font absolument n'importe quoi : peu importe la crédibilité des situations, l'important, c'est que chaque épisode offre son plein de délire et de blagues absurdes. Et il faut bien dire que si on avait quelques réserves après la première saison (trop "américaine", trop pleines de private jokes peu compréhensibles finalement pour un public non féru de TV US), on en a ici pour tout son content de vacheries sanglantes, de gags vulgaires, mais aussi de commentaires politiques et sociaux formidablement cinglants, assénés sans prétention aucune. Et si le dernier épisode, qui éparpille personnages et trames fictionnelles, pourrait servir de conclusion définitive à la série, on se dit que, non, ce serait vraiment prématuré !
30 mai 2009
"Oz - Saison 6" : la fin d'une grande série TV
La dernière saison d'une "grande série TV" est inévitablement une gageure, et
les créateurs se trouvent pris entre le désir bien humain de clore, au
risque de l'artificialité, tous les
scénarios - qui ont souvent souvent proliféré au-delà du raisonnable - ouverts au cours des saisons précédentes, et celui, né d'un attachement intime aux personnages,
de laisser "la vie continuer" hors champs. "Oz" a l'élégance de choisir une voie
médiane : si cette conclusion est riche en rebondissements "terminaux" - dans tous les sens du terme -, elle
nous offre aussi le plaisir de la "rédemption" de certains personnages-clé (que l'on croyait pourtant irrécupérables, mais c'est là le charme de la grande fiction américaine, que de croire en l'homme au delà du raisonnable...),
échappant ainsi à la noirceur étouffante des saisons précédentes, sans pourtant nous mentir : aucune boucle n'est bouclée, rien n'est réglé, dans le fond, et tout continue. Ailleurs.
Sans nous.
21 mai 2009
"Monster 4" : 4 épisodes superbes...
Les 15 épisodes composant le quatrième volume de l'anime "Monster" souffrent - sans surprise - des mêmes faiblesses que leurs 45 prédécesseurs, par rapport en particulier à leur "source" : faiblesse d'une animation "cheap" qui ne retrouve pas le dynamisme visuel du manga, absence cruelle de cette tension et de cette excitation que sait si bien faire naître Urasawa dans ses récits. Mais ce sont évidemment aussi les ficelles qu'Urasawa lui-même utilise dans son œuvre qui sont exposées ici : le foisonnement excessif de récits et de personnages, la manière dont l'auteur fait monter les attentes de son public par rapport à des pistes scénaristiques qui seront finalement abandonnées sans trop d'explication, etc. Restent les 4 derniers épisodes du coffret, qui réussissent à faire exister un personnage passionnant, Martin, en prise à une attirance - répulsion intense pour la fascinante Eva, le tout dans une atmosphère de roman noir parfaitement maîtrisée. C'est superbe.
11 mai 2009
[MI-5] - Saison 2" : Déjà la déception...
Cette 2ème saison de "[MI-5]" m'a laissé largement perplexe, je l'avoue… Pour 2 épisodes (sur 10 !) remarquables d'intelligence et de tension, combien de moments médiocres, souvent faute de temps (la narration saute hardiment par-dessus toute scène de transition qui pourrait un peu poser nos personnages) et de moyens (il y a une limite à ce qu'une série d'espionnage peut proposer comme histoires avec ses héros derrière leur bureau ou au téléphone). Plus grave, des errements idéologiques discutables - et surprenants sur la BBC, il faut bien l'admettre : glorification d'un certain esprit militaire dans "Rébellion", le pire épisode de la série tant la confusion y est grande, ou argumentation en faveur de la vengeance personnelle, il y a de quoi tordre le nez devant certains relents nauséabonds. Et puis, le laxisme de certains scénarios condamnent de nombreux épisodes à un manque de crédibilité total, comme c'est le cas de la conclusion, qui devrait être traumatisante, mais est juste incohérente.
24 avril 2009
"[MI-5] - Saison 1" : La version BBC de l'espionnage...
Paré de toutes les qualités et défauts d'une série estampillée "BBC"
(originalité du propos, franchise de ton, subtilité des personnages, manque
flagrant de moyens - un peu gênant quand même quand on veut parler de
géo-politique et faire un thriller), ce "MI-5" désarçonne un peu sur ses 6
premiers épisodes par son hétérogénéité furieuse, tant du point de vue
réalisation - certains épisodes, comme le pilote, sont désagréablement frimeurs,
d'autres parfaitement maîtrisés et sobres - que sujets. De plus, on sent trop
que le temps réduit imparti à chaque fois oblige les scénaristes à des
courts-circuits qui peuvent s'avérer soit brillants, soit carrément incompréhensibles. On louera par contre l'ambigüité - très anglaise - des
personnages, et la capacité des scénaristes à leur faire subir les derniers
outrages, jusqu'à l'exécution (remarquable épisode 2 !). A suivre donc pour
trancher...