Le journal d'un excessif

Rock, cinéma, BD, littérature, coups de coeur et coups de rage, tout ce qui permet à un excessif de survivre dans l'Europe du XXIe siècle, loin du Brésil...

17 septembre 2009

Un morceau de Brésil à Madrid, le "Baby Beef Rubaiyat"

Rubaiyat_02Les Brésiliens de Madrid - et ils sont nombreux - ne manquent pas d'adresses pour "matar a saudade" (faire passer leur nostalgie du pays) en mangeant et buvant dans des restaurants brésiliens, mais nous nous sommes déjà rendus compte en quelques semaines que peu de ces restaurants sont vraiment "au niveau", la plupart ne proposant que des versions "européanisées" de la riche culture culinaire brésilienne.

Ce n'est pas le cas du "Baby Beef Rubaiyat" de Madrid, filiale d'une chaîne paulista qui est une véritable institution de la métropole brésilienne, et ce pour deux raisons : restaurant de viandes, il est certainement moins dépendant des ingrédients et usages locaux (la viande vient d'Uruguai, a priori) - et le propriétaire est un hispano-brésilien, chez lui à Madrid comme à São Paulo ! De fait, en entrant au "Rubaiyat", on se sent immédiatement "comme chez soi" : plus besoin de se fatiguer à parler espagnol, le personnel est en large majorité brésilien, et le décor à la fois rustique et sophistiqué - bois et verre - rappelle furieusement le restaurant de Alameda Santos à SP. Pães de queijo sur la table, en guise de "couvert" (mais un verre de gaspacho aussi !), on peut déguster une vraie capirinha, pas une pâle copie comme on trouve en général dans tous les bars branchés du monde : pas la meilleure que j'aie jamais bue, mais avec quand même le vrai goût du pays !

Rubaiyat_01Nous commandons ensuite - bien sûr - de la viande, selon des "coupes" européano-argentine, et non brésiliennes (mais pas de quoi râler, c'est le principe à São Paulo aussi). La viande - servie en quantité épique - est merveilleuse, quasiment parfaite en goût et en texture, bien supérieure à ce qu'on ose appeler de la viande en France !.., même si ce dimanche, le service laisse largement à désirer : mon entrecôte, que j'avais demandée bleue, avait été ni plus ni moins oubliée sur le grill, mais a été remplacée sans que j'aie même eu le temps d'en faire la demande... En dessert, la traditionnelle Creme de Papaye com Cassis faisait bien l'affaire, elle aussi un peu moins goûteuse que si elle avait été préparée avec des papayes fraiches...

Au final, il reste à déplorer une addition quand même particulièrement lourde (50€ par personne), malgré le vin espagnol bon marché, et... le manque de surprise dans tout cela...! Mais n'était-ce pas exactement pour ça que nous étions venus ? Pour trouver exactement ce que nous aimons au Rubaiyat de Säo Paulo ? Alors, nous reviendrons en hiver pour voir nous confronter cette fois à l'interprétation madrilène de la feijoada !

Baby Beef Rubaiyat - c/ Juan Ramón Jimenez, 37 - Madrid

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15 juillet 2009

Le France, à Montceau-les-Mines : presque une bonne raison de visiter le coin..

Le_France_02Vous ne connaissez pas Montceau-les-Mines ? Tant mieux. Pour paraphraser une vieille blague anglaise sur un type qui semble se réjouir des tourments que lui infligent les diablotins de l'Enfer, et à qui le Diable demande la raison de sa béatitude : "Je peux supporter n'importe quoi, je viens de Montceau-les-Mines !"... Or, au milieu de cette ville laide et sinistrée, centre d'une région minière sinistrée - ils en ont tellement honte qu'ils veulent rebaptiser la ville "Montceau-en-Bourgogne", le genre... - aujourd'hui artificiellement maintenue en coma végétatif par Michelin (qui devrait bientôt débrancher la prise, quand même...), il y a désormais une bonne raison de se réjouir : un gastro étoilé (il me semble), "le France", jolie maison moderne - peinte de manière assez agressive en gris foncé et rouge brique - tranchant avec le reste de la morne Place Beaubernard. On m'a dit que Fabrice Lucchini avait été séduit lors d'un passage en ville, et qu'il avait pris une participation dans le capital de la maison : comme quoi, même si vous n'aimez pas Lucchini, ce en quoi vous auriez tort, les plus parisiens des Parisiens peuvent se laisser séduire par les charmes de la cuisine de Jérôme Brochot, un p'tit gars du coin.

Il faut savoir quand même que, dans le coin, qui conjugue pauvreté endémique et manque redoutable d'ouverture d'esprit (je le sais, j'en viens... alors ne commencez pas à m'insulter !), il fallait jusqu'alors faire près de cinquante kilomètres et retrouver la civilisation de la Basse Bourgogne pour bien manger : "le France" est donc bien une sorte d'anomalie, d'ailleurs pas totalement acceptée par les indigènes, qui, en roulant les r d'abondance, ne se gênent pas pour critiquer les portions trop petites et les prix trop élevés(moi, pour 40 Euros, j'ai mangé pendant trois heures une suite presque parfaite d'amuses-bouche, d'entrée, de plat, de fromage, de dessert et de mignardise !), sans parler des plats compliqués. Allons y pour la revue de détail, histoire que vous compreniez un peu de quoi il retourne : d'abord, une remarquable composition Le_France_01faite de trois préparations de deux tomates différentes, qui, d'emblée, touche juste, car on est ici dans le respect et la mise en valeur simple des goûts justes du fruit, pas dans la complexité prétentieuse de beaucoup de gastros à court d'idées ; ensuite, une assiette ingénieuse faite de saumon sauvage cru aux graines de pavot et de saumon légèrement cuit à l'unilatérale, parfaite ; j'ai continué avec un rouget - sans arrêtes, si si ! - dans une préparation tout-à-fait méditerranénne qui tranchait avec l'ambiance lourde de l'été charollais ; les fromages étaient parfaits, certains ambitieusement destinés à des clients audacieux, car marinés à l'extrême ou pimentés ; le dessert était comme il se doit le couronnement de tout cela, avec une construction délirante autour de l'amande et de la framboise. Comme le vin était bon et pas cher (un Montagny 1er Cru aux alentours de 25 Euros, et une demi-bouteille de Chassagne Montrachet rouge - superbe - pour le même prix), j'ai fait un excellent repas, tout-à-fait inattendu.

Voilà, j'ai la faiblesse de penser que les enfants de Montceau qui tentent quelque chose ont encore plus de mérite que leurs frères mieux lotis de Paris ou de Strasbourg ou d'Aix en Provence (au hasard), aussi je me devais de contribuer - à mon humble mesure - à la célébrité grandissante de Jérôme Brochot, jeune homme qui m'a paru gentiment timide lorsqu'il nous a salué à la sortie...

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25 juin 2009

Le meilleur repas indien de votre vie ? Peut-être au Cinnamon Club de Londres !

Cinnamon_ClubVous aimez la cuisine indienne et en avez quand même assez des éternels poulets tikka massala et agneaux rogan josh ? Vous passez par Londres et n'êtes pas au RMI ? Je connais l'adresse qui vous ravira : The Cinnamon Club - the Old Westminster Library - 30 Great Smith St. ! Évidemment, si vous avez quelques rudiments de connaissance de la topographie londonienne, vous savez que vous vous trouverez là en plein cœur de l'Angleterre la plus traditionnelle, la plus monarchique - certains dirons la plus splendide, by jove ! Et le premier charme du Cinnamon Club, c'est évidemment cette ambiance patinée de club de gentlemen, un peu vieillotte mais ineffablement séduisante, quoi qu'on en dise. La salle de restaurant est certes un peu austère et peu ostentatoire : on est ici dans l'éternité de l'Empire, pas dans la branchitude et le bling bling. Comme dans beaucoup de grands restaurants londoniens, le staff, cuisine comprise, semble être très français, ce qui m'a quand même un peu gêné. Mais nous sommes ici pour manger indien, et ce qu'il y a sur la carte déroute et émerveille, puisqu'on n'y retrouve pas grand chose des appellations "rituelles", sans parler des viandes, plus imaginatives que d'ordinaire : poissons raffinés, kebab de chèvre (l'animal, pas le fromage !), poulet aux pattes noires.. L'appétit en est stimulé. Et dans l'assiette, c'est tout simplement stupéfiant : si l'on y retrouve évidemment certains épices bien connus des amateurs, l'architecture de goûts est totalement originale, constamment changeante, tout simplement merveilleuse. La cuisson des viandes est parfaite, les légumes ont cette suavité que seule la grande cuisine indienne peut offrir, les pains nan aux parfums et épices divers sont un délice à eux seuls. Avec un verre de sublime sauvignon blanc néo-zélandais, vous y ferez sans doute l'un des meilleurs repas indiens de votre existence, au point de ne pas trop grimacer devant la douloureuse, qui ira chercher dans les £60 par tête (si vous ne vous êtes pas lâchés à accepter un de ces verres de "liquor" à £250, bien entendu !).

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08 février 2009

Du poisson chez "Marius et Janette", avenue George V à Paris

Marius_et_JanetteLoin très loin de Guédiguian et de l'Estaque, ce "Marius et Janette" (pas de faute d'orthographe, non !), en bas de la prestigieuse Avenue George V. La décoration de la salle vous la joue "intérieur de yacht", et il suffit de voir le profil du client moyen (le XVIe dans toute sa... splendeur !), ou la morgue incroyable du service (en anglais, heureusement, nous étions une table très multi-culturelle, américain, danois et Portugais mélangés), sans parler de la (très) douloureuse à la fin (comptez 100 Euros par personne, sans dessert, mais avec un excellentissime et très cher Sancerre), et on sait qu'on est au cœur de Paris !

Par contre, dans l'assiette, les poissons sont merveilleux, littéralement : carpaccio de saumon à la japonaise (mmmmh) en entrée, St Jacques juste poélée avec des endives, seabass cuit à la flamme (spectaculaire traversée de la salle d'un plateau comme une torche), accompagné d'une purée de pommes de terre somptueuse, tout était absolument parfait. Petits fours copieux et délicieux avec le café qui nous évitent de regretter d'avoir choisi de ne pas prendre de desserts, pas une fausse note donc pendant ce repas classique mais de fort bon goût : de la cuisine légère et intelligente, pour des porte-feuilles bien remplis, qui se rient de la crise.

Bon, attendez peut-être votre parachute doré avant d'y aller !

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25 décembre 2008

"Autour du Saumon", on est bien !

autour_du_saumonD'abord, vous me direz qu'en période de fêtes de fin d'année, parler d'un restaurant où l'on ne mange (presque) que du saumon est au mieux opportuniste, au pire redondant ! Mais que voulez-vous, même les bloggeurs suivent l'actualité, non ? Et puis, je suis prêt à parier que ce restaurant / magasin (ou plutôt "ces" car il y en a désormais 4 à Paris, dont celui situé au 60 de la rue François Miron, dans le 4e, près de la Mairie de Paris, où nous sommes allés...) sera toujours ouvert dans six mois quand le dégoût occasionné par les excès des fêtes sera effacé ! Pourquoi ? Parce que j'y ai fait, tout simplement, l'un des meilleurs repas de poissons crus, fumés, marinés, etc. de ma vie. Une petite boutique du Marais, pimpante mais qui ne paie pas vraiment de mine (on sent le décor un peu cheap bricolé par une bande de jeunes...), une salle minuscule jouxtant avec la boutique où vous pouvez acheter les mêmes choses qu'il y a surte la carte pour déguster chez vous, un service sympathiquement amateur mais passionné, et surtout, surtout, une qualité des produits (poissons en tous genres) et une précision de la préparation exceptionnelles... Vous aurez le choix entre diverses assiettes classiques permettant deautour_du_saumon_2 déguster des saumons variés, tant par leur origine que par leur... préparation, donc, des grandes salades, et même quelques plats chauds, le tout assez copieusement servi. Ceux qui détestent le poisson peuvent se brosser ? Non, il y a un (1 !) plat qui ne soit pas du poisson à la carte, une assiette de jambon serrano ! Personnellement, si vous voulez savoir, j'ai pris, après une assiette de "tapas" de poisson, un extraordinaire tartare de saumon, absolument émouvant. Si j'ai un reproche quand même à faire (vous me connaissez !), ce ne sera pas les prix - élevés, mais la matière première vaut bien cela... -, mais plutôt la grande médiocrité des vins servis au verre, indignes des plats qu'ils accompagnent, ce qui constitue quand même une erreur stratégique pour ce genre d'endroit, non ?

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19 décembre 2008

"Di Vino" - L'Italie dans le XVIe arrondissement ?

Di_Vino"Di Vino" aurait paraît-il la réputation d'être l'un des meilleurs restaurants de gastronomie italienne de Paris. Situé sur la discrète place de Mexico, au coeur discret du XVIè, il ne paie pourtant pas forcément de mine, avec son voiturier décontracté (mais cher, 8 Euros pour garer la voiture devant chez Mercedes à 55 mètres de là, ça m'apprendra à ne pas avoir pris ma moto ce jour-là !), sa porte métallique qui coince, et son décor pas différent du tout-venant des restaurants un peu prétentieux de Paris. Ce soir-là, nous fêtions un événement important de la vie de l'entreprise, et les collègues m'avaient vanté la cuisine et les vins. Or, de l'une comme des autres, je n'ai pas perçu grand chose qui m'ait estomaqué ! Saison des truffes blanches oblige, comme dans tous les restaurants italiens qui se respectent, on nous présente un mini menu hors de prix autour de la truffe blanche. On se laisse convaincre par le carpaccio de veau en entrée : si son odeur grisante, voire entêtante enchantera les coeurs pendant le discours du chef (moment solennel s'il en est), son goût sans intérêt me laissera dubitatif (assaisonnement de la salade verte tout-à-fait hors de propos, à mon avis). On aura bien ri quand même quand même quand un collègue naïf s'inquiétera d'une odeur de gaz dans le restaurant !

Pour suivre, le risotto à l'encre de sèche - mon préféré - sera bien, mais accompagné de deux gambas Di_Vino_2ridicules qui font un triste effet de pingrerie. Et pour finir, un tiramisu (mon critère objectif pour juger du sérieux d'un restaurant italien, désolé) frsant le ridicule : mal présenté dans un verre coloré, trop sucré, pas assez parfumé au café, c'était tout simplement un mauvais tiramisu. Quant au vin, il suffir de dire que le soit-disant meilleur Barrolo recommandé par... Qui, au fait ? Il ne m'a semblé voir un sommelier digne de ce nom... était sans intérêt malgré son prix. Une seconde bouteille était elle excellente, mais à ce moment-là, mon attention s'était déjà tarie, je ne vous dirai donc pas de quel vin il s'agissait.

Un dernier mot sur le service, parfaitement anodin, voire amateur, et pas forcément très sympathique non plus. Un peu d'auto-publicité pour finir, avec la remise de book très classe et très pub, listant les soit-disant meilleurs restaurants de Paris (on se demande bien de l'avis de qui ?). L'addition, réglée par le chef, ayant dû être astronomique, on se demande bien pourquoi on retournerait au Di Vino, sinon pour se prouver qu'il s'agissait d'une soirée exceptionnellement peu inspirée !

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05 décembre 2008

Le Fruit Défendu - 80, Boulevard Belle Rive - Rueil Malmaison (92)

Fruit_D_fenduBien manger à Rueil, ville "de riches", n'est pas trop difficile, mais bien manger à un prix raisonnable est un peu plus compliqué. Sur les berges de la Seine, le Fruit Défendu est une adresse finalement assez confidentielle qui vaut la peine qu'on la divulgue : quand il fait beau, il y a la possibilité de déjeuner ou dîner sur une petite barge en face, et en été, on dresse même un chapiteau dehors, ce qui confère à l'expérience une touche bucolique bien venue. En hiver, on est bien dans la salle du restaurant, illuminée de couleurs chaudes, et autour d'une belle cheminée moderne.

Là, pour 30 €, on peut profiter d'un menu sympathique, avec des portions raisonnables et une exécution qui, si elle ne réussit pas à faire entrer "le Fruit Défendu" dans la catégorie des gastros, n'a rien de honteuse. Certains plats sont même très réussis (je pense à mon très sympathique blancmanger aux poires en dessert...), d'autres un peu trop communs, mais certainement pas ratés (des saint jacques un peu fades). La carte des vins, pas chère, réserve de belles surprises à des prix raisonnables (essayez les beaux bourgognes jeunes mais déjà bien sur le fruit), et le service est chaleureux et simple, mais sans fausse note.

Bref, une adresse recommandée pour ceux d'entre nous qui veulent se faire plaisir sans se ruiner outre mesure !

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30 novembre 2008

Aimez-vous le lapin ?

Monsieur_Lapin... Si la réponse est non, n'allez pas dîner chez "Monsieur Lapin", même si la carte offre aussi un large choix de poissons et autres viandes, bien entendu. Parce que vous serez quand même entouré de lapins, le décor s'avérant gentiment mono-maniaque, jusque dans les toilettes (mais là, vengeance, un poster montrant Alice flinguant le lièvre du conte, ah, ça fait du bien !) : oui, le décor "lapinesque" est l'un des vrais "plus" de ce joli restaurant en haut de la Rue Losserand, près de l'Avenue du Maine, qui devrait vous permettre de passer une belle soirée entre amis, dans un cadre raffiné et intelligemment agencé (je parle comme une pub, maintenant, raaah !), le tout à un prix raisonnable, le menu entrée-plat-dessert étant proposé à 35 Euros, une vraie affaire. Ceci si vous avez réussi à vous garer, bien entendu, le quartier étant un cauchemar pour les automobilistes...

Bon, mon honnêteté proverbiale m'oblige à vous avouer que vous ne ferez pas non plus là le dîner du siècle, car les plats, goûteux et bien servis, ne sont pas quand même d'un raffinement inouï : la terrine de lapin en entrée était bonne, mais accompagnée d'une sauce sans intérêt, les légumes autour de mon poisson - bien cuit comme il faut - étaient joliment organisés et colorés, mais parfaitement insipides, voire immangeables, et la crêpe contenant les sorbets de chez Bertillon (une bonne idée) était dure et sans goût. Bref, rien de déshonorant, mais pas de quoi s'esbaubir non plus. D'ailleurs, au cours de la soirée, personne ne s'est empressé de faire les commentaires habituels, du genre "Hmmm, c'est vraiment délicieux, etc. etc." Un signe, non ?

Bref, "Monsieur Lapin" est un bon restaurant "standard", ce qui n'est pas si mal. Ou plutôt le serait si le service n'était pas aussi ridicule : au cours de la soirée, sur les 3 plats servis, aucun ne l'a été correctement, je veux dire en accord avec notre commande ! De quoi piquer des fous rires, tant on aurait pu croire que Frank_Eneec'était un "running gag" : chacun d'entre nous tour à tour s'est vu proposer le plat de son voisin, quand il ne s'agit pas des plats d'une table voisine. Le comble a été quand les sorbets sont arrivés, les serveuses n'ayant aucune idée des parfums de chaque assiette ! C'est quand même assez impressionnant de voir, dans un restaurant qui a visiblement une certaine ambition, un tel manque de professionnalisme sur des choses aussi basiques que l'organisation du service. Voilà, c'était mon coup de gueule, et, au final, c'est cela qui restera en mémoire, ce qui n'est certainement pas l'objectif de Frank Enée, le chef de "Monsieur Lapin" (fort sympathique, au demeurant) !

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24 octobre 2008

Les Ombres, sur le toit du Musée du Quai de Branly

Les_OmbresOui, je sais, un repas d'affaires n'est pas le meilleur contexte pour apprécier un restaurant comme "les Ombres", lieu à la mode perché au sommet de l'impressionnant Musée du Quai Branly, mais essayons tout de même... Quand on arrive dans la salle un jour de beau temps, on est forcément impressionné par la vue - la Seine et son "front" d'immeubles Hausmaniens -, la Tour Eiffel tout à côté à travers la moderne verrière qui sert de plafond au restaurant. On s'attend à payer cher une telle situation... Et on ne sera pas déçu, à moins d'être au déjeuner, et que le menu très raisonnable à 38 € soit disponible. Le mobilier est - logiquement - mi moderne, mi tribal, comme la cuisine, qui décline les nouveaux principes du "fooding" branché (bon, j'exagère un peu...) en y intégrant des ingrédients - des épices en particulier - qui nous renvoient à un imaginaire primitif forcément pertinent en ces lieux. L'esprit est donc séduit, le palais un peu moins, car l'exécution des plats - ceux que j'ai goûtés tout au moins - est assez approximative : une tête de veau intelligemment présentée mais finalement assez fade, une daurade grillée avec une sauce trop salée... Seul le dessert, carpaccio d'ananas à l'anis étoilée était impeccable. Comme les vins au verre étaient quelconques, "les Ombres" ne resteront pas un grand souvenir gastronomique, mais il m'est difficile d'être totalement objectif tant le cadre en fait un endroit charmant, d'autant que le service, simple et gentil, ajoutait un zeste de charme. A revoir quand même, dans un contexte moins guindé qu'un repas d'affaires.

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03 mai 2008

Déjeunez au soleil à "la Gare" - 19 Chaussée de la Muette - Paris 16e

La_GareVoici un endroit que j'aime bien, pas très loin de mon boulot, proposant une cuisine plutôt agréable - on n'est pas dans la haute gastronomie, certes, mais on n'est finalement jamais déçu ! - à des prix acceptables (pour le quartier...). C'est surtout un BEL endroit, construit, tout le monde le sait je suppose, dans l'une des gares de l'ancienne ligne ferroviaire de la petite ceinture, et l'utilisation de l'espace (le hall d'entrée devenu un bar, la gare elle-même et ses quais transformés en salle principale du restaurant, magnifique, et les voies qui sont maintenant la terrasse extérieure...) a été remarquablement pensée. Quand il fait du soleil, ce qui a été rare ces derniers temps, je sais, je sais, mais comme c'était le cas ce samedi, c'est l'un des restaurants où j'aime le plus déjeuner : la localisation, en contrebas et à l'écart du bruit des rues, derrière les hauts murs historiques de la gare, procure ce sentimentLa_gare_localisation délicieux d'être ailleurs, dans un endroit assez improbable en fait (j'avoue avoir pensé, je ne sais pas trop pourquoi, aux cités rétro-futuristes de Schuiten et Peeters, et aux effets de décalage spatio-temporels qui y règnent). On peut alors se consacrer totalement à observer la faune hilarante qui peuple la terrasse le week-end, typique de ces beaux quartiers un peu usés et décadents, ou, mieux encore, déguster un excellent déjeuner : pour ma part, mon entrée, magret fumé sur artichauts et mousse de je ne sais quoi (ça avait quelque chose de délicieusement libanais), avec toutes sortes de noix, était un vrai plaisir. On s'en tire, vin compris, pour une quarantaine d'euros par personne, et, j'ai oublié de le dire, mais c'est important, le service, suant au soleil sous des tenues sombres et strictes, est rapide , efficace et souriant. Tout bien.

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