23 juillet 2009
Ch-Ch-Changes !
"A new career in a new town" claironnait Bowie sur l'un de ses meilleurs albums, "Low". "A change is better than a rest" sont des mots qui me sont restés d'une autre chanson, dont le titre et l'auteur m'échappent désormais... Mais ce qui ne m'a jamais échappé, ce sont les bénéfices, voire la nécessité de changements réguliers - et fondamentaux - dans nos vies, des vies qui ont si facilement tendance à s'endormir dans la routine confortable offerte par la famille aimée, le boulot passionnant (ou au moins prenant), les amis et amies stimulants, voire par la facilité de l'existence dans notre monde occidental consumériste (je ne parle évidemment pas ici de ceux d'entre nous que la crise actuelle affecte, et qui se voient eux victimes angoissées d'un changement non désiré).
Oui, de temps à autre, il faut se mettre soi-même en danger, remettre en question ces valeurs qui nous construisent certes, mais qui sédimentent si rapidement, au point de se transformer en une gangue de certitudes, au sein de laquelle notre capacité de penser étouffe peu à peu. Partir régulièrement vivre dans une nouvelle ville, ou, mieux encore, dans un nouveau pays, en bénéficiant en outre des facilités offertes par une mutation professionnelle (car on ne vous demande pas de mettre en danger votre famille, non plus !) est pour moi une sorte d'hygiène mentale, de garantie contre cet engourdissement insensible qui nous saisit tous, contre le vieillissement inexorable, mais qu'il est indéniablement possible de retarder, pour peu qu'on soit prêt à se soumettre aux "stimulations" appopriées.
Eh oui, il va falloir apprendre une nouvelle langue, découvrir un nouveau mode de vie, se faire de nouveaux amis, trouver des compromis inédits pour préserver ses anciennes passions et en développer de nouvelles. Ça ne sera pas facile, mais ça sera excitant. Mieux encore, ça sera SAIN !
Cette semaine, je déménage donc pour Madrid, pour une durée indéterminée : 6 mois, 1 an, 3 ans, toujours (non, pas toujours !) ? Je n'abandonnerai pas mes vrais amis, comme je sais qu'ils ne m'oublieront pas : les outils modernes de communication sont tels que la distance physique est largement abolie entre nous, de toute manière. Je ne renoncerai pas au rock'n'roll, ni au cinéma, ni à la BD, vous vous en doutez bien, l'accès à la culture étant désormais beaucoup plus "égalitaire" qu'il ne l'a jamais été. Ce blog va continuer, j'allais dire "inchangé", mais en fait j'espère qu'il changera aussi. En bien. Contaminé comme tout le reste par "une nouvelle vie dans une nouvelle ville". Parce que "le changement vaut toujours mieux que l'immobilité".
Hasta luego !
15 décembre 2008
Triomphe de la fiction
Il n'y a rien de plus odieux que toutes ces théories conspirationnistes qui
fleurissent de plus en plus (fruit nauséabond du net, malheureusement !), et que
le cataclysme planétaire (oui oui) du 11 septembre attise particulièrement.
Derrière un apparent souci de "vérité" se dissimulent (mal) les remugles d'un
négationnisme toujours renouvelé, ravalant de manière systématique et ignoble les
victimes au rang de coupables, exonérant donc pour le coup les criminels : on
connait le processus, qui a toujours permis d'accuser les victimes de viols
d'avoir attisé le désir de leurs bourreaux, et de soupçonner la conspiration
juive d'avoir mis en scène son martyre pour assurer sa domination sur le monde.
Il me fallait cette mise au point avant de vous recommander de cliquer sur le
lien suivant :
http://video.google.fr/videoplay?docid=-9058644522976940152&pr=goog-sl
Et de consacrer 20 précieuses minutes au visionnage attentionné de la passionnante vidéo qui se dissimule derrière. Car nous voilà
d'un coup transportés dans le monde nos séries préférées ("24" pour l'ambiance
conspirationniste ou "Lost" pour le décalage entre réalité perçue et mise en
scène quasi-divine permettant de manipuler cette réalité), et, pour peu qu'on ne
se laisse pas aller à prendre au sérieux ce scénario stupéfiant et passionnant
qui nous est proposé, nous voilà bel et bien scotchés devant cette fiction
magnifique que nous proposent les auteurs du film. Rien ne nous interdit de
rêver que cette superbe manipulation (de Al Quaeda, de l'opinion mondiale, etc.)
est bien un nouveau coup d'Ami et que son scénario - à jamais suspendu, bien sûr
- est signé Naoki Urasawa. La fiction est tellement plus belle que la réalité
!
04 juin 2008
Justice Vs. BxN
Comme des milliers d'internautes semble-t-il, j'ai regardé le "clip"
de Justice ("Stress") dont tout le monde - ou à peu près - parle. Je n'avais
pas particulièrement envie d'ajouter quoi que ce soit au flôt de
commentaires, critiques, condamnations et autres anathèmes qui ont fleuri un
peu partout. Sauf que, par hasard, quelques heures plus tard, je revoyais le
DVD du magnifique concert d'adieu des Bérus à l'Olympia ("Viva Bertaga !", datant de 1989), et j'étais
une fois de plus emporté par l'enthousiasmante folie générale à la fin
de "Porcherie". A un moment, Fanfan tend un micro à un jeune black dans la
salle (il n'y en n'avait pas beaucoup, à cette époque déjà, alors que le hip
hop français balbutiait encore, le rock, même extrême, était une affaire
de petits blancs...) pour qu'il chante lui aussi : "la jeunesse emmerde
le Front National", avec les centaines d'enragés qui pogotaient comme
des malades dans la salle de l'Olympia, qui n'avait jamais vu ça. Ensuite, Fanfan
a gueulé : "Jeunesse française, jeunesse immigrée, ensemble, nous sommes de
la DY-NA-MI-TE !". Et moi, devant ma télé, je pleurais. Et mes larmes
étaient des larmes de nostalgie bien sûr - après tout, c'était notre
jeunesse, cette fierté, ces idéaux, naïfs sans doute, mais qui offraient une
vraie direction dans la nuit du monde. Mais c'était aussi des larmes
de tristesse. Si la jeunesse des banlieues d'aujourd'hui, dont la
misère physique et morale est bien pire qu'il y a 20 ans, ne peut plus
que se référer à des images - bien léchées, efficaces, effrayantes -
de violence aussi auto-destructrices que celles de Justice, quel
espoir lui reste-t-il ? Sur la scène et dans la fosse de l'Olympia en 1989,
c'était le même malaise, la même haine, la même violence (d'ailleurs le
petit bourgeois moyen de l'époque avait sans doute aussi peur des cris de
"Vive l'Anarchie" des Bérus que du saccage aveugle des bandes de racaille
qui déferlent à la Gare
du Nord ou à la Défense) que celle d'aujourd'hui.
Mais ces cris de désespoir étaient collectifs, structurés dans un discours
(même incohérent, qu'importe !), transcendés par une vision idéalisée de
l'art populaire (les cracheurs de feu, les arts martiaux, les
danses folkloriques, les symboles de l'oppression renversés et caricaturés) :
ils étaient beaux. Et forts. Aussi nihilistes qu'ils aient pu paraître,
les képons qui criaient déjà "mort aux flics" croyaient à un avenir
meilleur. Aujourd'hui, ce que Justice, dans sa bêtise et son infamie, nous
dit, c'est qu'il n'y a plus rien que à attendre que la réussite individuelle
en détruisant l'autre, l'ennemi, en le massacrant. Sarko a déjà gagné.
07 mai 2007
Un message à Monsieur le Président de la République...
... de la part de notre ami Johnny (le vrai Johnny !) :
