Le journal d'un excessif

Rock, cinéma, BD, littérature, coups de coeur et coups de rage, tout ce qui permet à un excessif de survivre dans l'Europe du XXIe siècle, loin du Brésil...

11 mai 2008

"Monumenta 2008" au Grand Palais

Monumenta_2008_1Les amateurs d'art attendaient beaucoup de "Monumenta 2008", la création de Richard Serra spécifiquement réalisée pour le Grand Palais, et les premiers commentaires d'ami(e)s ayant payé leurs 4 Euros pour aller faire la "promenade" (attention, ce n'est pas une visite !) ont été assez négatifs : de "déception" à "foutage de gueule", les noms d'oiseau ont failli voler. C'est donc sans guère d'illusions que, par un bel après-midi de mai ensoleillé, nous franchissons le seuil du Grand Palais.

La première impression n'est en effet pas fameuse, les 5 monolithes d'acier de Serra, vus de profil, au milieu du gigantesque espace complètement vides du Grand Palais, n'étant pas particulièrement impressionnants : trop fins, trop espacés, on ne ressent qu'un vide (des visiteurs étrangers s'enquièrent apparemment régulièrement auprès du personnel du musée : "... mais où est donc l'exposition ?").Monumenta_2008_2

Et puis quand on commence la promenade, c'est-à-dire à parcourir l'espace, à tourner autour des plaques (17 mètres de haut, 75 tonnes pièce, une bagatelle !), quelque chose se produit : le décalage des oeuvres, non alignées, et surtout la légère inclinaison de certaines (a priori un ou deux degrés seulement, mais ça paraît bien sûr énorme !) rend de plus en plus intrigantes, puis passionnantes, les différentes perspectives qui s'offrent à nous. Jusqu'au magnifique bâtiment du Grand Palais qui commence à se distordre, comme si l'esthétique art déco était contaminée par la brutalité rectiligne de l'acier (l'effet "2001" ?), si la perspective classique se trouvait mystérieusement contaminée par l'intrusion des faux angles droits créés par Serra.

Au final, je l'avoue, j'ai trouvé cela très beau et passionnant.

Posté par Excessif à 07:23 - Expositions - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 mai 2008

"Les Soldats de l'éternité" : On se fout de nous !

Soldats_de_l__ternit_Avec toute la hype actuelle autour de la Chine, une exposition à la Pinacothèque de Paris "sur" les fameux "Soldats de l'éternité" de Xian ne peut qu'attirer le gogo. Et par centaines, voire milliers. Le gogo prend donc sa place sur Internet (et la paye cher), puis patiente un bon moment devant l'Église de la Madeleine sous le soleil qu'une organisation incompétente et antipathique le fasse rentrer dans le musée. Ensuite, le gogo se paye une toute petite demi-heure de visite de trois salles de taille réduite, au coude à coude avec les autres gogos de son espèce à essayer d'entre-apercevoir dans la pénombre, bien cachés dans des renfoncements ou bien sur des socles placés trop hauts ou trop bas des objets (très beaux, certes) qui ne sont que des fragments de décoration - donc rien à voir avec ce que l'affiche somptueuse de l'exposition lui a promis ! Quand il arrive finalement dans une dernière salle où il y a quelques unes (peu...) des superbes statues vantées, le gogo est à ce stade de trop mauvaise humeur pour en profiter, d'autant que s'il a le malheur de toucher - que dis-je, d'effleurer - les barrières qui protègent la collection, le service d'ordre (à 100% black et mastard, pas du tout le profil des gardiens de musée, ils ont tous plutôt l'air de faire partie de la protection rapprochée de Bush, et se conduise comme si on était à Dallas quelques minutes après que le cerveau de JFK ait giclé sur la veste de Jackie) devient hystérique. De qui se moque-t-on ?

Posté par Excessif à 18:56 - Expositions - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 août 2007

Les Messagers à Beaubourg

2007_08_Paris_Beaubourg_05Moi, je crois bien qu'Annette Messager va mal dans sa tête : à force de décapiter des petits animaux et de remplacer leurs têtes par celles de peluches, "d'éduquer" (au sens anglais, bien sûr) des pensionnats entiers de pinsons épinglés sur des tables de torture, de faire respirer des organes sexuels et autres - de couleurs pastel - étalés sur le sol, de faire déferler vers les spectateurs hébétés une vague de sang (vision étonnante que celle de ce public comme petrifié dans l'obscurité, ne sachant plus sortir de la salle obscure sans laquelle un voile pourpre oscille indéfiniment...), de faire tressauter des corps désarticulés au bout d'un fil, elle va nous persuader que l'Art Moderne n'est jamais aussi pertinent que lorsqu'il dépèce et ressasse nos jeux les plus pervers et les plus tragiques. Finalement, c'est peut-être nous qui allons mal dans notre tête, allez savoir ! Allez donc à Beaubourg, c'est jusqu'au 17 septembre je crois, tester votre propre fascination pour la cruauté et le sado-masochisme.

Posté par Excessif à 11:59 - Expositions - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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