Le journal d'un excessif

Rock, cinéma, BD, littérature, coups de coeur et coups de rage, tout ce qui permet à un excessif de survivre dans l'Europe du XXIe siècle, loin du Brésil...

07 décembre 2009

"Strawberry Wood" de Nits : retour d'un groupe précieux...

Strawberry_WoodOn avait quitté les Nits sur le pire ratage de leur longue carrière, le confus et creux "Doing the Dishes", et, honnêtement, on ne donnait pas cher de l'avenir de Henk Hofstede et sa bande. "Strawberry Wood", loin des brillances d'antan mais quand même magnifique, bouleversant, et tout et tout, remet les choses en place : au sommet. Promenade triste et sereine à travers un bois enchanté qui doit autant aux Beatles (les fraises…) qu'à Dylan ou même - c'est nouveau - Neil Young, mais qui au final est une pure création "Nits". Car cette manière de faire une musique sublimement triste et parfaitement légère est unique : une poignée de mélodies-sparadrap magiques prouvent que Henk sait toujours écrire une bonne chanson, mais c'est au final ce sentiment de tendresse et d'émotion qui perdure longtemps après l'écoute de "Strawberry Wood" qui fait que ce groupe nous est aussi précieux.

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26 novembre 2009

"la Roux"... Pauvre revival sans grand talent...

La_RouxIl est des succès - critiques ou populaires - que l'on peine à comprendre : celui du duo rétro Le Roux interloque particulièrement, s'agissant ici du remake / revival appliqué des scies 80's de Eurythmics et autres Human League, mais sans la voix d'Annie Lennox ni les mélodies de Phil Oakey. Bref, les synthés de Ben Langmaid grincent péniblement, et la voix de Elly Jackson exaspère rapidement, surtout du fait de son incompétence dans les registres plus hauts : on pourrait à la limite aimer cette pop squelettique et démunie si elle n'avait aussi visiblement des ambitions commerciales et ne caressait aussi ostensiblement le jeune des nougthies finissantes dans le sens du poil. Avec le temps, 3 ou 4 pauvres mélodies ici finiront par s'accrocher à notre mémoire : maigre bilan...

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25 novembre 2009

"Rose City", la dernière merveille de Viva Voce, un groupe injustement ignoré

Rose_CityCombien de groupes ont-ils cherché, depuis que le 3ème album du Velvet Underground a changé leur vie, ou au moins leur vision de ce que la musique PEUT dire et faire, cet équilibre hautement instable entre intimisme brisé, fierté joyeuse et désespoir indicible ? Jusqu'à ce "Rose City", notre préférence allait aux mélopées timides de Galaxy 500, mais il faut bien avouer que Viva Voce viennent de placer avec ce nouvel album rien moins qu'envoûtant la barre très, très haut : car voici 40 minutes de chansons sublimes, à la fois froissées et fracassées, et pourtant immédiatement mémorisables, qui parcourent le spectre entier des sentiments humains sans sortir jamais d'un chaud cocon brumeux. Oui, on rit et on chante au début, et on pleure amèrement à la fin : bref on VIT ce disque exceptionnel de bout en bout, un disque qui aurait même pu devenir un chef d'oeuvre si la belle Anita Robinson avait un peu plus lâché la bride de sa folle guitare.

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20 novembre 2009

"Today Is A Good Day" de New Model Army

Today_is_A_Good_DayLe temps des rebelles est-il définitivement passé ? Où sont les groupes, les artistes même d'aujourd'hui qui ont un commentaire politique ou social à faire à travers leurs chansons ? L'armée "nouveau modèle" d'Oliver Cromwell - pardon, de Justin Sullivan - reste bien seule, prêchant dans un désert de plus en plus aride, suivie d'une foule de plus en plus maigre de passionnés, et son inspiration, 25 ans plus tard, semble elle-même se tarir : elle a pourtant fort à faire, avec les scandales financiers et le mépris de plus en plus cruel que les dirigeants ont envers leurs peuples. Faut-il pour autant en appeler à l'apocalypse économique ou écologique ? Quand on n'a plus peur de la mort, est-on plus fort, ou au contraire a-t-on perdu définitivement le combat pour l'humanité ? "Today is a Good Day", avec toutes ses faiblesses habillées par une rage inchangée, appelle surtout à un renouvellement des troupes.

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18 novembre 2009

"Liebe Ist Für Alle Da" de Rammstein

Liebe_Ist_Fur_Alle_Da"Le but de l'Art est de surprendre, de choquer, pas de divertir et de caresser dans le sens du poil des consommateurs anesthésiés par le "politiquement correct" !

- Oui, mais quand même, cette pochette qui glorifie le cannibalisme et ravale le corps de la femme au rang d'un objet de pure convoitise, c'est inacceptable !

- Tu ne vois même pas le second degré, le recul apporté par le traitement graphique ?

- Bon, peut-être, mais ces exhortations du chanteur, roulant les "r" suivant les bonnes habitudes des nazis, pour moi, ça devrait même tomber sous le coup de la loi !

- Écoute plutôt les paroles, fais-toi les traduire, tu verras qu'elles sont ironiques, et dénoncent clairement les perversions des abus de pouvoir, qu'elles soient du domaine politique, public ou privé...

- Tu parles : "You have a pussy / I have a dick / Let's do it quick" !

- Euh…"

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06 novembre 2009

"We Used to Think the Freeway Sounded like a River", le dernier album de Richmond Fontaine

We_Used_To_ThinkEt si la vraie force des États Unis, ce qui leur permettra de rester "éternels", c'était leurs écrivains ? Car quel pays au monde a produit en quelques décennies un Carver, un Harrison, un Brett E Ellis, un Roth, un Franzen, etc. ? Mais depuis la beat generation, on sait qu'il y a aussi aux USA des écrivains qui chantent, et "l'Americana" est logiquement le mode d'expression idéal pour illustrer en quelques couplets parfaitement ouvragés une vision inspirée de destins individuels ou de rêves collectifs comme l'Amérique en a toujours engendrés. Oui, on aime le Richmond Fontaine de Willy Vlautin pour la beauté de ses mots habités par une voix poignante. On aime un peu moins ici une certaine banalité des chansons, trop anodines et bien agencées pour magnifier ces textes qui mériteraient plus d'originalité, ou peut-être de rage...

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01 novembre 2009

"The Fountain", le dernier Echo & The Bunnymen : ou comment s'y noyer...

The_FountainAprès le magnifique (et classique) "slowburner" qu'a été "Siberia", McCulloch et Sergeant ont cherché avec "The Fountain" la recette de ce succès commercial qui leur a toujours - et injustement - échappé, alors que leurs enfant spirituels, Coldplay, sauvaient l'industrie du disque à eux seuls : production brillante, loin des méandres cryptiques du psychédélisme d'antan comme des brumes romantiques d'hier, et surtout tentatives d'ouvrir la "formule" Echo - dont nul ne se plaignait, reconnaissons-le - à de nouvelles musiques plus "modernes" (ou plus éphémères...). Le résultat de cette mini-révolution est pour le moins discutable, la faute  en revenant peut-être au manque d'inspiration : il est difficile de ne pas voir que "The Fountain" est l'un des premiers albums d'Echo qui n'ait pas UN seul grand morceau, tandis que les tentatives électro-pop ou "rock à guitares" finissent par sonner comme des copies fatiguées de chansons un peu stupides mais efficaces que tant d'autres groupes moins importants font beaucoup mieux. Au final, pas un mauvais disque, mais venant d'Echo ...!!!

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24 octobre 2009

Vous êtes passés à côté de ce disque en 2004, rattrapez-vous : "The Scottish Play" de Wire

The_Scottish_PlayEtant largement passé à côté de Wire à l'époque où ils ont été les plus "influentials", il est intéressant d'aborder ce groupe "séminal" à rebours, depuis le point de vue d'un impressionnant concert donné en 2009 à Madrid. 5 ans plus tôt, Bruce Gilbert est encore là, et influence considérablement et le son et le style du groupe, entre sa guitare au son électronique et son austérité refroidissante, on sent qu'il cantonne Wire dans les limites définies dès les débuts du groupe, celles d'un post punk froid, dont la sauvagerie est tempérée par un esprit expérimental parfois jusqu'au-boutiste. L'austérité de l'approche et la qualité assez moyenne de l'enregistrement font que ce Live dispense finalement peu de plaisir, mais impressionne quand même durablement.

Sur le DVD joint, l'enregistrement filmé du concert de Wire au Triptych Festival de Glasgow, plutôt sombre et austère, vaut surtout pour ses 14 minutes de bonus qui nous montrent des extraits - très impressionnants - d'un concert-installation au Barbican de Londres : la designer Es Devlin a eu l'excellente idée d'enfermer chaque musicien dans une sorte de boîte éclairée de l'intérieur et sur laquelle peuvent être projetées des images, comme celles de la bouche de Colin Newman en train de chanter. Si l'on imagine que la dynamique du groupe a pu en souffrir, le concept de cette installation fonctionne formidablement bien pour illustrer la musique claustrophobe, paranoïaque et clinique de Wire, qui en devient du coup infiniment plus spectaculaire et prenante. Remarquable !

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23 octobre 2009

"In This Light and On This Evening", le troisième album de Editors

In_This_Light_And_On_This_EveningPour une fois, je vais me taire, et laisser la parole à mon ami Vik : "Un troisième album différent des précédents, amputé des ailes puissantes de la guitare de Chris Urbanovitz, mais avec La voix de Paul Smith qui a encore gagné en qualité. Une grande tension avec une pop romantique et décadente de plus en plus lourde sur laquelle planent les ombres de New Order, d'Ultravox et surtout de Depeche Mode (il pourrait plaire aux fans de Dave Gahan). Des perles comme "Papillon", "The Boxer", "You Don't Know Love", "Like Treasure" et l’épique "Walk The Fleet Road" (qui semble presque un hommage à "Atmosphere "de Joy D). Oui, les sons sont différents : ils déchirent... Dès la seconde écoute, je suis enthousiaste. Dans ma passion, je me dis que c’est l'album que Joy Division n'a pas eu le temps d'écrire. Oui, c'est la musique qu'ils auraient écrite, trente ans après la mort de Ian Curtis."

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13 octobre 2009

Vous êtes passés à côté de ce disque en 2007, rattrapez-vous (ou pas) : "Déjà Vu Live" de CSN&Y

<p>Csny</p>

D_j__Vu_LiveIgnoré royalement à sa sortie (en 2007 !), "Déjà Vu Live" - découvert par hasard, aussitôt acheté - mérite pourtant qu'on se penche sur son cas. D'abord parce qu'il s'agit d'un mensonge réjouissant, valeureux et... significatif : il ne s'agit nullement d'une interprétation live par CSN&Y de leur album "Déjà Vu", mais de la version live de "Living with War", le brûlot anti-Bush de Neil, le Loner ayant comme souvent tenu la porte de l'ascenseur ouverte pour ses vieux copains moins bien lotis que lui (Stills fait littéralement peur, visiblement au bout du rouleau) ! Musicalement discutable - "Living With War" n'est pas du meilleur cru, mais reste honorable... -, politiquement courageux et judicieux (c'est un vrai bonheur d'entendre les sifflements et les protestations du public visiblement ultra-réactionnaire !), cet enregistrement live "hors normes" mérite néanmoins de figurer dans la discothèque de toute personne suivant le chemin tortueux mais toujours passionnant de Neil Young.

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