31 mai 2009
"Monument", le DVD live de Maxïmo Park
Ce qui est beau et étrange avec Maxïmo Park, groupe mineur et pas toujours inspiré, c'est que sa musique - en live particulièrement - arrive à faire naître en nous des sensations parfois bouleversantes, assez inexplicables. Ce qui est triste avec "Monument", c'est que, malgré les interviews - anecdotiques - et les vidéos prétendant saisir le groupe dans sa vie quotidienne à Newcastle, on ne voit rien qui puisse expliquer cette alchimie particulière. On regarde donc des gens ordinaires aux préoccupations peu passionnantes, et puis ces mêmes gens sur une grande scène émerveiller un public conquis d'avance. Au final, "Monument" sacrifie la force du concert et ne nous révèle rien pour autant.
Note: Ce DVD de Maxïmo Park est disponible avec "Quicken The Heart", leur dernier album
30 mai 2009
"Oz - Saison 6" : la fin d'une grande série TV
La dernière saison d'une "grande série TV" est inévitablement une gageure, et
les créateurs se trouvent pris entre le désir bien humain de clore, au
risque de l'artificialité, tous les
scénarios - qui ont souvent souvent proliféré au-delà du raisonnable - ouverts au cours des saisons précédentes, et celui, né d'un attachement intime aux personnages,
de laisser "la vie continuer" hors champs. "Oz" a l'élégance de choisir une voie
médiane : si cette conclusion est riche en rebondissements "terminaux" - dans tous les sens du terme -, elle
nous offre aussi le plaisir de la "rédemption" de certains personnages-clé (que l'on croyait pourtant irrécupérables, mais c'est là le charme de la grande fiction américaine, que de croire en l'homme au delà du raisonnable...),
échappant ainsi à la noirceur étouffante des saisons précédentes, sans pourtant nous mentir : aucune boucle n'est bouclée, rien n'est réglé, dans le fond, et tout continue. Ailleurs.
Sans nous.
29 mai 2009
Black Lips et Liars au Cabaret sauvage le jeudi 28 mai
Bon, les 50 minutes qui suivent, comme prévu, représenteraient une sorte de
vision de l'enfer sur terre pour 90% de la population "normale" de la planète !
Mais pas pour nous, fans de rock'n'roll ultime !! Aspergés de bière, recouverts
de crachats, broyés par l'habituelle bande d'abrutis qui doivent se mettre à 10
pour atteindre un QI de 85 (le public standard des Black Lips,
je ne peux rien dire, j'étais prévenu...), agressés en permanence soit par les
musiciens déjantés, soit par le public déchaîné, nous sommes dans un putain de
concert de putain de rock'n'roll : du garage, du saignant, du répugnant, du
violent. Mais ce qui me ravit, entre deux coups et deux poussées, c'est à quel
point cette musique est bonne ! Excellente même ! Pas besoin de connaître les
chansons à l'avance, on accroche immédiatement, chaque riff sursaturé, chaque
mélodie épileptique nous ravit, du coeur au bas ventre en passant par l'estomac,
mais sans jamais même effleurer le cerveau, un organe qui ne sert à rien quand
vous assistez à un concert des Black Lips... Garage, qu'on appelle ça, mais moi,
fan ultime des Kinks ou des Beatles, je ne suis
pas dépaysé non plus, car je
retrouve derrière cette énergie brouillonne et crue un vrai savoir-faire dans
les compositions ! Allez, j'ose le dire, dans le genre "chats de gouttière
vivant dans les poubelles", le quatuor a même une classe épatante : devant moi,
le guitariste fou Cole Alexander (il me semble...) essaie de rattraper ses
propres crachats avec la bouche, avant de lécher le manche de sa guitare tout en
jouant, et de se jeter dans la foule sans cesser de mouliner. Il a tendance à
arracher le fil de sa guitare assez régulièrement, à force de courrir dans tous
les sens sur scène d'un air très énervé. Il suscitera mon admiration sans
réserve grâce à sa capacité originale de jouer de la guitare dans à peu près
toutes les positions imaginables : en se roulant par terre, porté par les
spectateurs, etc. Le batteur est un fou furieux, sans qu'aucun autre
qualificatif ne soit nécessaire pour qualifier l'ouragan
derrière les fûts. Le
chanteur et bassiste, Jared - je crois - est presque euh normal, si l'on oublie
qu'il chante faux la plupart du temps. L'autre guitariste, dans le fond, est
carrément répugnant avec l'intégralité de ses dents remplacées par une denture
en or ! Brrrrrrrr ! Tout cela ne dure que 50 minutes, donc, mais 50 minutes
parfaites d'intensité, de joie méchante et de délire largement pervers. Au point
que, à la fin, on est partagés entre : 1) la fierté assez bête d'avoir survécu
au premier rang, et de n'avoir pas cédé un pouce, sans avoir pris pour autant un
coup de boule, voire un coup de couteau, pourquoi pas ? 2) le regret quand même
de ne pas pouvoir avoir pu jouir pendant 30 secondes d'un peu de tranquilité
pour mieux profiter de cette tornade...
Il n'est pas loin de 23 heures,
et on attend Liars avec un indéniable scepticisme, car comment
peut-on faire pour exister sur scène après les Black Lips ? Après la foire
joyeuse chez les attardés, Liars nous propose hystérie et neurasthénie chez les
schizos. Quand le trio entre en scène, impossible de ne pas trouver ça
impressionnant : une pulsation
tribale (la batterie est en fait le seul
véritable instrument dans la musique de Liars, créant un martellement continu
sur lequel une ou deux guitares, voire une basse viennent rajouter quelques crachotements électriques), et par dessus, des hurlements, des gémissements de
bébé psychotique... Soit une sorte de musique de l'âme esquintée, à mi chemin
entre primitivisme et rock industriel. C'est impressionnant de voir Angus, le
géant chanteur, se laisser complètement aller à délirer de longues minutes dans
son micro, alors que, derrière lui, ses deux acolytes se contentent d'alimenter
une sorte de pulsation mécanique (je n'ai pas repéré beaucoup d'électronique
dans la musique du groupe, mais
peut-être me trompé-je...) ininterrompue. Le
problème, pour moi, c'est qu'il n'y a là finalement que stase, sans tension,
donc sans explosion. Et que, jamais, jamais, la moindre beauté, même la plus
malade, ne surgit de cette auto-torture masochiste et finalement assez
complaisante. Au fil des cinquante minutes du set de Liars, l'excitation
qu'avait fait naître en moi leur apparition hystérique s'éteint peu à peu, et je
décroche devant ce qui ne me semble être qu'un spectacle bruitiste, certes
ambitieux, mais assez creux. Là encore, je dois dire que le groupe semble avoir
des fans inconditionnels, qui, extatiques, martèlent à côté de moi la scène en
rythme en hurlant le plus fort possible. Derrière nous, c'est à nouveau la
mêlée, même si nous serons considérablement moins bousculés que pour Black Lips
: un petit groupe de fans se laisse aller à délirer en trépignant, en poussant
des cris et en agitant leurs bras dans tous les sens à l'image de leur idole sur
scène. Curieusement, mais logiquement (?), il n'y a nulle joie, nul plaisir ici,
juste des soubresauts de
malheureux s'agitant dans leur camisole de force.
Finalement, Liars ne joue pas du rock'n'roll, malgré les guitares saturées, mais
quelque chose d'autre, loin d'Iggy Pop ou de QueenAdreena auxquels on pourrait
d'abord penser (la scène comme lieu d'offrande de son corps et d'exorcisme de
ses démons...) : on est plutôt entre l'installation d'art conceptuel, si l'on
veut, et l'atelier libre d'expression des pulsions les plus
refoulées.
L'intégralité de ce compte-rendu se trouve sur le blog des rock'n'roll motherf***s !
28 mai 2009
Séance de rattrapage : "Twilight" de Catherine Hardwicke
Lorsqu'un livre - pardon, une saga - comme "Twilight" a un tel impact planétaire, même si sa cible est la jeune adolescente, difficile de ne pas aller se faire une opinion par soi-même du phénomène. En attendant de lire un jour le livre, voyons donc d'abord le film : passons sur la mise en scène anodine, voire tragiquement lisse, et sur le ridicule consommé des effets spéciaux, heureusement rares, pour nous concentrer sur le grand intérêt du film, la tension amoureuse et sexuelle entre ses deux personnages (et acteurs ?), une tension finalement assez rarement aussi bien montrée, déchirant radicalement les réserves qu'on peut avoir sur un scénario bien vide et niais, sur une représentation "light" et politiquement correcte du mythe du vampire, ainsi que nos doutes sur le progressisme du sujet (ne fait-on pas ici en fait l'apologie de l'abstinence ?). Ce n'est pas assez pour sauver le film de la médiocrité, mais c'est indiscutablement intéressant. A suivre…
27 mai 2009
"Primary Colors" par The Horrors
Alors, en 2009, The Jesus and Mary Chain reviennent nous interpréter des inédits de Joy Division, mais ils ont pris Howard Devoto comme chanteur, même s'il a un peu trop écouté les Cramps ces dernières années. Et puis, pour montrer qu'ils sont modernes, et ne connaissent pas que le répertoire d'Echo and the Bunnymen, the Horrors - c'est leur pseudonyme pour abuser les jeunes naïfs - nous font sur la fin le coup de la nostalgie Krautrock... J'ai oublié de dire que ce disque est impressionnant, parfois même superbe. Mais tout cela est-il bien raisonnable ? Ne serait-il pas temps de passer à autre chose ?
26 mai 2009
"Vengeance" de Johnnie To : comment réaliser un film magnifique en dépit de son acteur principal...
Quand débute ce "Vengeance", expérimentation à haut risque de notre cher Johnnie To d'injecter des éléments occidentaux dans son système si formidablement clos et chinois, on craint le pire : n'ayons pas peur de le dire, Johnny Hallyday est absolument ridicule, et chaque mot qu'il prononce donne envie de fuir la salle… Heureusement, son rôle étant largement muet, on peut se concentrer sur le scénario simple mais brillant de To, sans parler de ses idées, toujours aussi merveilleuses, de mise en scène (je pense au gunfight au milieu des ballots de papier, ou encore à la géniale trouvaille des stickers permettant à l'amnésique d'identifier sa cible…). Oui, en dépit de ce handicap de l'incompétence de son acteur principal, que To réussit à retourner en faisant le sujet de son film, "Vengeance" est rempli de moments sublimes, qui voient To infuser sournoisement un doute métaphysique au sein de la mécanique traditionnelle du polar, et la pousser vers un profond sentiment d'absurdité.
25 mai 2009
"La Tour au-delà des Nuages" de Makoto Shinkai
Ce que cette "Tour au-delà des Nuages" démontre amplement, c'est que l'anime japonaise n'a rien à envier au cinéma traditionnel en ce qui concerne l'intelligence de la mise en scène, la beauté des images ou la subtilité des sensations évoquées (merveilleuse suspension d'une soirée d'été qu'on souhaiterait éternelle) ou des sentiments (ici, la nostalgie liée à la fin de l'immunité de l'enfance, et la "crainte de perdre" quelque chose qu'on ne savait même pas posséder). Mais, ce que ce beau film un peu raté prouve aussi, c'est que tant d'aisance formelle et de talent dans le micro-détail ne saurait dispenser d'un scénario un peu cohérent, surtout quand on veut traiter de thèmes ambitieux comme d'une approche scientifique des mondes parallèles ou du développement d'une mystérieuse société "alternative" dans un présent uchronique. Faute d'être convaincus par un récit aussi brumeux, voire risible dans ses invraisemblances, il ne nous restera qu'à goûter cette ineffable mélancolie qui baigne chaque image.
24 mai 2009
"Love, Hate, And Then There's You" de The Von Bondies : A Grower !
Les Anglophones appellent ça un "grower", un disque qui grandit dans votre tête et votre vie. Un disque facile à jeter à la poubelle après deux écoutes : voix faiblarde, mélodies convenues, clichés rock mille fois entendus à peine sauvés par une énergie un peu bêta. Et puis peu à peu, on comprend ce qui sous-tend cette musique : la simple croyance en quelques mécanismes essentiels du rock ('n'roll), dont la possibilité de le jouer comme si à chaque fois tout pouvait être réinventé, et aussi la nécessité de préserver à tout prix l'illusion de la jeunesse éternelle, de l'énergie inépuisable. Qu'il soit "garage", "glam" ou "classique", le rock'n'roll léger mais intense des Von Bondies ne chante que ça : le besoin de vivre aujourd'hui comme si demain ne devait jamais arriver. Le tout avec des filles qui font les chœurs, bien entendu !
23 mai 2009
Cocoon à la Maroquinerie le vendredi 22 mai
J'avais très envie de revoir Cocoon après les avoir découverts il
y a un an grâce à Gilles B à Pontoise, d'autant que leur album, "All my friends
died..." avait enchanté mon année dernière, mais l'idée qu'ils avaient passé la
vitesse supérieure, avec groupe et grandes salles me refroidissait. Alors, ce
concert-surprise programmé à la Maro, en fin de tournée, m'a paru l'occasion
parfaite. Et de fait, comme la rumeur en avait circulé avant, la configuration
pour le moins curieuse de la salle, avec le groupe en son centre et le public -
assis - autour, laissait immédiatement présager un moment d'intimité... Comme
aux débuts du groupe. Bizarre quand même de se retrouver assis sur la scène,
tournant le dos à celle-ci...
Quand Mark et Morgane
traversent le public pour s'installer au centre de l'espace qui leur est
réservé, circonscrit par un tube
lumineux autour duquel le public,
majoritairement féminin, s'est accroupi à même le sol de la Maroquinerie, dans
une ambiance bon enfant, je sens une inexplicable vague de bonheur m'envahir.
Inexplicable ? Pas tout-à-fait, car leur album a eu un effet profond sur moi,
comme une sorte de version plus proche des chansons intimes et doucement
désespérées du grand Elliott Smith. Et ça ne manque pas, quand Mark entame le décollage (... avant le crash, donc...), pardon, Take Off, un frisson me
traverse tout entier, j'ai les larmes aux yeux, je suis littéralement transpercé
de tant de beauté. Je m'arrime pour vivre intensément "mon" concert de l'année,
et puis... Non ! J'ai tout simplement oublié que Mark et Morgane n'aiment rien
tant que pérorer entre eux (de sexe, de musique) et avec leur public (de
musique, de sexe), et parsèment leurs chansons - sublimes, et je pèse mes mots -
le long d'un show qui ressemble globalement surtout à une chouette soirée entre
copains, arrosée à l'Orangina. Et ce soir, en cette fameux
soirée exceptionnelle
qui clôture avant les grands festivals une interminable tournée, ça va être
"pire" encore : Mark et Morgane ont demandé aux spectateurs d'apporter des
instruments de musique, et ont prévu de nous donner une "master class" : une
bonne partie des morceaux de l'album seront donc l'occasion d'apprendre à des
spectateurs volontaires à jouer et à chanter leurs chansons ! C'est assez sympa
- assez magique, même - quand Cocoon utilise le public pour les chœurs ou pour ajouter des sons divers et variés à leurs chansons. Ca l'est
beaucoup moins quand Chupee se transforme en une interminable
répétition avec des volontaires à qui Mark aura confié ukulélé et guitare et
enseigné quelques accords : comme quoi, indiscutablement, les meilleures
plaisanteries sont les plus courtes, et là, on s'enlise, on s'enlise... Au
milieu de tout ce fatras, sympathique et instructif, certes (on réalise combien
la meilleure musique peut naître parfois de quelques idées très simples...),
mais longuet, on aura droit à quelques moments inspirés : Microwave et
Cliffhanger - ma chanson préférée de l'album, avec son horreur glacée
et sereine - me feront à nouveau littéralement pleurer devant tant de
beauté.
La seconde partie de la
soirée sera consacrée à une première présentation de 8 des nouveaux morceaux de
Cocoon qui devraient figurer sur le prochain album, qui nous parlera des animaux
marins (gag ?), nous dit Mark, et qui sera motivé encore une fois par un deuil
(re-gag ?). On revient alors à la formule d'un véritable concert, même si Mark
continue ses vannes plus ou moins légères : il plaisante sur le manque de seins
de Morgane - un spectateur élégant renchérissant sur les "piqures de moustiques"
-, la remercie pour son épilation parfaite lorsque sa jupe-panda se retrousse
sur ses cuisses nues tandis qu'elle s'assied sur le tabouret pour tenter - sans
grand succès, avouons-le, de s'accompagner à la guitare sèche (la chanson -
Ghostbusters, je crois... - finira dans des grincements pénibles de
cordes et des rires nerveux), ou encore plaisante sur la réverb excessive qui
donne à sa voix un petit air de JJ Goldman ! Ces nouvelles chansons, parlons-en
: toujours très réussies, toutes en légèreté et finesse, elles semblent quand
même manquer de cette magie incroyable qui nimbait les précédentes, il faudra
donc voir à l'usage ! On passe un bon moment - à noter que les deux musiciens
désormais additionnels de Cocoon, Oliver
l'Australien et Raphaël viendront
brièvement épauler Mark et Morgane -, mais j'ai l'impression que la soirée est
devenue désormais assez banale... Un sentiment qui ne s'envolera pas pour le
rappel, avec l'enchaînement de trois titres demandés par les spectateurs qui
auront su rattraper l'œuf lancé au hasard par Mark : I Don't Give a
Shit (dont Mark a largement oublié les accords...), et les reprises de
Kung Fu Fighting (amusante, mais anecdotique) et du Hey Ya
! de Outkast, un peu plus roborative. Gilles est assez en rage d'avoir
manqué de peu l'œuf jeté dans sa direction, il aurait tellement voulu entendre
Christmas Song, sa chanson préférée que Cocoon n'interprète plus sur
scène : je trouve qu'il ne devrait pas se plaindre, il a fait beaucoup d'envieux
en s'emparant du cultissime panda en peluche qui décorait les claviers de
Morgane, et qui a été offert par Mark au public en cette "soirée d'adieux"
!
Voilà, 1 h 40 de (très)
hauts et de bas, on prend quelques photos souvenirs de notre petite troupe
autour du panda, et on sort tranquillement malgré l'embouteillage dans
l'escalier provoqué par la distribution gratuite par Fargo de CDs de groupes
inconnus / méconnus (?)... Alors que je rumine ma semi-déception (ou mon
demi-enchantement, c'est selon...), je trouve enfin à qui me fait penser Mark -
cette image que je recherche depuis un an : Cyril Collard, bien sûr ! En plus
grand, OK ! Mais avec Morgane et ses faux airs de Miou-Miou adolescente, ils
font un beau duo de cinéma, non ?
Retrouvez l'intégrale de ce CR sur le blog des Rock'n'Roll Motherf***s !
22 mai 2009
Flashback : "Alela Diane au Festival des Inrocks 2008"
Concert un peu informel - temps réduit, public "de festival" (donc pas forcément venu pour l'artsite !) - abordé par une Alela Diane assez décontractée dans une période de transition entre deux albums et deux atmosphères ("Pirate's gospel" austère et tendu, "To Be Still" léger et lumineux), le set du festival des Inrocks m'avait un tantinet déçu. Le revoir alors que l'on connaît désormais les belles chansons de "To Be Still" change la donne, et, si l'on peut toujours regretter le manque (le refus ?) d'intimité et d'intensité, on se laissera enchanter de belles versions de "White As Diamonds" et d'un morceau traditionnel (… mais sévère !), "Matty Groves", les deux sommets de la soirée à mon sens. Avec le renfort d'une batterie primitive, cette musique s'envole alors aisément vers les sommets.
Ce bel enregistrement, avec une qualité d'image malheureusement moyenne (pixels !), est disponible facilement dans la version de luxe du dernier album d'Alela.