31 mars 2009
Avertissement aux fans de Carpenter...
Avertissement aux fans de Carpenter (comme moi...) : "Meurtre au 43ème Etage" est un téléfilm tout-à-fait honorable, une construction post-hitchcokienne qui a l'intelligence de donner un rôle central à une (ou plutôt deux) femme(s) de caractère, et de prendre pour décor et pour véhicule de sa fiction les nouveaux symboles de la modernité telle qu'on la voyait dans les années 70 (immeubles vitrés, ordinateurs de contrôle, machines enregistreuses de toutes sortes)... Mais rien, ou presque (peut-être justement ce respect pour la femme, transcendant le statut de victime que la société lui réserve automatiquement...) ne confirme que Carpenter en est vraiment le maître d'œuvre. Rien ici de son intelligence de l'espace visuel et sonore, aucune trace de ces constructions socio-mentales hawskiennes dont il est généralement friand. Tout laisse croire qu'il ne s'agissait là que d'un job alimentaire, consciencieusement accompli, avant de passer aux choses sérieuses...
30 mars 2009
"Heart On" de Eagles of Death Metal : vous souvenez-vous...?
Vous souvenez-vous d'un temps où le rock'n'roll n'était guère qu'une musique idéale pour rouler en voiture dans la nuit, boire des bières, et draguer des filles qui paraissaient toutes plus canons les unes que les autres, vu l'état d'excitation dans lequel nous étions - ou plutôt dans lequel le rock'n'roll nous mettait ? Jess et Josh, lancés à donf' dans leur trip ont réussi avec "Heart On" à retrouver un peu de cette innocence, avant que l'argent ait tout perverti, que l'âge ait affaibli les artères, que nous soyons entrés dans le troisième millénaire où tout pouvait, où tout devait être remis en question. "Heart On" sonne parfois comme des chutes brillantes de Queens Of The Stone Age jouant des morceaux inédits des Rolling Stones de l'époque "It's Only Rock'n'Roll", puis une minute après comme une bande de soudards peu inspirés peinant dans l'arrière salle d'un bar du Vieux Sud. Et, moi, ça me va bien : malgré le brillant inutile de la production, il suffit de monter le volume pour chasser les idées noires.
29 mars 2009
Séance de rattrapage : "Rumba" de Donique Abel, Fiona Gordon et Bruno Rémy
J'attendais cette "Rumba" avec impatience, fan de "burlesque distancié" et éternel admirateur de Keaton et Tati que je suis. Ma déception a été à la hauteur de mes espérances, tant j'ai eu le sentiment d'assister à un film "mort", voire "macabre", le fameux esprit burlesque ressuscité par le trio Abel / Gordon / Rémy ne semblant avoir pour but que de nous faire rire "aux dépends" de ses personnages, caricaturalement typés dans leurs déficiences comme leur déraison : on n'est jamais loin ici d'un esprit "bête et méchant", mais loin de toute critique politique, sociale ou même de tout discours artistique. Voici donc un film autiste et asphyxié, qui se crispe méchamment sur des mécanismes si mesquins et laids qu'ils en deviennent littéralement odieux : et ce ne sont pas les très rares inspirations un peu poétiques ni les encore plus rares moments de danse qui nous sauveront de la détestation absolue de ce film foncièrement antipathique, dont on sort consternés, voire profondément abattus...
28 mars 2009
Eagles of Death Metal au Bataclan le vendredi 27 mars
Toute le monde ou
presque sait aujourd'hui que Eagles of Death Metal, ce n'est ni
un groupe de covers des Eagles, ni du Death Metal, mais un projet parallèle du
prolifique Josh Homme, une sorte de retour à un rock'n'roll plus basique, mais
finalement assez indéfinissable. Sur scène, on sait bien que Josh Homme ne sera
pas là, mais pour cette tournée, il s'est fait remplacer par le titanesque Joey
Castillo à la batterie (lui aussi de QOTSA), ce qui va nous garantir, pendant
une heure et demi durant, une turbo-propulsion infernale. Bon, commençons par
décrire la troupe qui s'agite sur scène devant nous : un guitariste improbable
qui ressemble à un personnage de Chris Ware, sorte de vieux poupon képon à l'âge
indiscernable ; un bassiste effrayant qui semble échappé directement de l'âge de
pierre ; Joey Castillo qui ramone à
l'arrière, clairement en vacances par
rapport à la complexité de son travail chez QOTSA, mais visiblement très
concerné ; et puis Jesse Hughes au chant et au jeu de lunettes, sorte de rescapé
du village d'Astérix qui n'en revient pas d'être là, et peut-être même d'être
toujours vivant vu son addiction "au porno et à la crystal meth" (je ne
mentionnerai qu'en passant une copine dont nous n'avons pas retenu le nom qui
viendra chanter en montrant ses formes sur un morceau !). Gilles B, fan ultime
de EODM, m'a expliqué que Jesse Hughes a été naguère un politicien (tendance
républicain sudiste, pro-armes et anti-avortement...), ce que je veux bien
croire quand je constate la manière dont il retourne et séduit son public,
roulant tout son petit monde dans la farine à force de mots gentils et d'œillades amoureuses !
Mais trève de
cynisme, le fait est que Jesse est content, vraiment content de l'accueil
exceptionnel que EODM reçoivent ce soir, à Paris. Il en est même étonné, après
une tournée en Espagne a priori beaucoup moins chaleureuse (d'après ce qu'il
raconte). Et quand il répète à plusieurs
reprises : "Man, believe me, we really
needed that !", on sent une vraie sincérité dans sa voix : pas trop difficile
d'imaginer la galère d'une tournée européenne pour un tel groupe, pas vraiment
connu, de ville grise en bourgade anonyme... et puis, le miracle : Paris, et un
public littéralement déchaîné. Car ce soir, c'est l'exact antithèse du concert
de Franz Ferdinand la semaine dernière : voici un groupe fondamentalement moyen,
littéralement porté vers les cîmes par un public en adoration... soit la recette
d'un très bon concert, même quand la musique jouée n'a clairement rien de
génial. Oui, au risque de froisser mon ami Gilles B., je ne trouve rien de bien
transcendant dans les disques de EODM, juste quelques riffs bien troussés, avec
un esprit bon enfant qui flirte parfois avec le second degré. Mais sur scène,
surtout devant un tel public (et devant nous, écrasés et piétinés au premier
rang...), c'est autre chose, une sorte de
symbole parfait de la beauté du
rock'n'roll, quand il ne recherche que l'excitation et le plaisir. Du coup, même
si j'ai un peu de mal à "décoller" au début, impossible de résister à tant
d'énergie, de bonne volonté et de fun. Le Bataclan est donc en ébullition : les
slammers et stage divers se succèdent à un rythme de plus en plus rapprochés,
Gilles B et moi sommes piétinés, frappés, puis Gilles doit se défendre contre
une furie hystérique qui le cogne, qui le mord à l'épaule et qui me griffera les
mains alors que j'essaye de retenir ses coups... Rock'n'Roll
!
Juste avant le rappel, Boys Bad News me paraît tout à fait excellent... Mais c'est au rappel que ça va "se passer pour moi" : une intro solo de Hughes, jusqu'à un premier couplet du Brown Sugar des Stones, avant que Castillo ne lance la machine, à fond la caisse... Un tube imparable, Cherry Cola, puis on s'écarte de la set list, avec une reprise démentiellement accélérée du New Rose des Damned, et un Castillo surnaturel au milieu d'un halo de sueur ! Superbe final - Speaking in Tongues - qui prouve bien que, quand les morceaux sont bons, les EODM peuvent être extraordinaires. Et puis c'est fini !
On sort donc du Bataclan tôt ce
soir, vers les 22 h 10, mais bien rassasiés, en se disant que si EODM n'ont pas
inventé la poudre, ils savent bien la faire parler. Putain de Rock'n'Roll
!
Retrouvez l'intégralité de ce comte-rendu sur le blog des Rock'n'Roll Motherf***s !
27 mars 2009
Séance de rattrapage : "Yesterday Once More" de Johnnie To
Parmi la filmographie pléthorique de Johnnie To, "Yesterday Once More" fait figure d'exception, de par son envie d'être une comédie sophistiquée plutôt qu'un polar stylé, mais il n'est pas sûr que le résultat, insipide et décevant, soit à la hauteur du projet... Un projet au départ assez intéressant (montrer ce qui arrive "après l'amour", quand le couple mûrit et doit trouver de nouvelles manières de se ressourcer) et construit sur le principe - valable en Chine, pas forcément chez nous - que les spectateurs assimilent automatiquement Lau-Cheng à un couple amoureux, du fait de leurs films communs antérieurs. To décide donc - audacieusement - de laisser hors champs toute la partie "policière / manipulation" de son histoire, pour se concentrer sur les jeux amoureux de son couple qui se délite mais résiste : le résultat se révèle plaisant, mais vite insignifiant à force de trop de légèreté, sans parler même du fait que l'étalage de luxe et de marques (sponsors obligent) écœure peu à peu.
26 mars 2009
David Byrne à l'Olympia le 25 mars
Premier entré - pour rien,
il y a des sièges et ils sont numérotés - dans une Olympia méconnaissable, je
passe forcément par une phase de doute : à plus de 80 € la place, ça fait quand
même cher la minute d'hommage à feu les Talking Heads ou de célébration de la
liberté musicale de Mr. David Byrne, le seul cycliste (à ma connaissance, du
moins) du rock ! Bon, Sophie et moi ne seront pas trop mal installés au
cinquième rang, un peu sur la droite, mais au vu du public visiblement établi et
fortuné auquel les ouvreuses souhaitent poliment un "bon spectacle" (après avoir
rappelé qu'il n'y aura pas d'entracte - comprenez pas de première partie ce soir
! Pour 80 €, ça aurait été sans doute dur de les payer...), on peut quand même
décemment se demander ce qu'on fait là. Il a intérêt à assurer, le père Byrne, à
se montrer digne de 30 ans d'une carrière souvent brillamment avant-gardiste
!
Sur le fronton de
l'Olympia, il y a écrit : "Songs of David Byrne et Brian Eno", et David
Byrne s'empresse de nous expliquer la règle du jeu, lorsqu'il entre en
scène et qu'il nous fait patienter cinq bonnes minutes en attendant que les
derniers spectateurs soient installés (maudits Parisiens, jamais foutus
d'arriver à l'heure... mais sans doute s'imaginaient-ils qu'il y aurait une
première partie !) : "Ce soir, on va jouer des chansons du présent et du passé -
Talking Heads (applaudissements nourris du public) - retraçant ma collaboration
avec Brian Eno..." (Byrne évoque même le futur, mais il plaisante !). Et de
fait, il va nous proposer une set list assez différente de celles de ses
tournées des années précédentes, une set list centrée sur le dernier album (de
belles chansons sages, pas forcément génératrices de grande ambiance, à
l'exception de la majestueuse et schizoïde I Feel My Stuff jouée en fin
de set, avant les rappels...) et sur "Remain In Light", dont on aura droit à de
larges extraits, tous plus fascinants les uns que les autres, malgré la
configuration réduite du groupe... Car le choix étrange qu'a fait Byrne pour
cette tournée, c'est celui d'une interprétation assez dépouillée, ce qui
surprend au départ (par exemple, il n'y a pas de seconde guitare, ce qui rend le
son très frêle...), centrée avant tout sur les vocaux, grâce aux renforts de
trois choristes
superbes. Conséquence : le démarrage du concert n'est pas
enthousiasmant, tant on attend cette pulsation névrotique qui caractérisait les
Talking Heads, ou au moins les grandes envolées lyriques du Byrne en solo
habituel ! Au lieu de cela, on a un groupe calme et posé, avec des vocaux
superbes (Byrne chante vraiment magnifiquement bien, de sa voix si
particulière), et on craint un moment un concert "adulte", et... vaguement
soporifique dans sa perfection technique. Et ce, d'autant que, seconde idée
aussi "arty" que saugrenue, Byrne a convoqué trois danseurs de modern jazz pour
accompagner la plupart des chansons par des chorégraphies certes bien faites,
mais que l'on peut juger a priori un peu "déplacées". Un instant, le souvenir du
concert sauvage et mal poli de Buzzcocks, il y a quelques jours seulement, me
traverse l'esprit : un groupe de la même génération et de la même culture ("la
révolution punk"), aux antipodes de ce que l'on voit ce soir sur la scène de
l'Olympia ! Et je me prépare à m'ennuyer poliment... quand... éclate Houses
in Motion, le premier des cinq titres de "Remain In Light" interprétés ce
soir, et quelque chose se passe : la musique décolle, la salle suit, se
lève à
moitié, on frôle une drôle d'hystérie - drôle quand on voit l'âge et le "genre"
du public, mais pourtant, ça commence à sautiller partout. A la fin du morceau,
éclate une ovation surprenante, qui dure, dure, s'éternise, surprend les
musiciens qui n'arrivent pas à reprendre le fil du concert. C'est un instant de
pure magie, et à partir de là, la soirée a changé de dimension : on est dans le
tout bon. Les quelques passages à vide d'une poignée de chansons moins fortes
n'importeront plus, tant vont se succéder les morceaux immenses, dont on se rend
compte à quel point ils ont marqué leur époque, souterrainement sans doute, au
point d'irriguer aujourd'hui tout un courant de la musique la plus moderne :
Born Under Punches, Crosseyed and Painless, The Great
Curve (toutes trois presque plus impressionnantes dans des versions
dépouillées de la tornade psychédélique originelle qui les soutenait), Once
In A Lifetime et Life During Wartime bien sûr, et puis une
splendide version très classique,
très classieuse aussi de Take Me To The
River - la meilleure que j'ai entendue sur scène, à mon humble avis,
frôlant la perfection tant technique qu'émotionnelle. Comme on s'est même
habitués aux chorégraphies modernistes qui viennent apporter une énergie
supplémentaire aux morceaux les plus punchy, comme toute la salle est debout et
extatique, on frôle le GRAND concert, de peu... Trois rappels et 1 h 50 en tout,
on termine par le plaisir roboratif de Burning Down The House (une
entorse au programme Byrne / Eno, donc...), et par une chanson calme pour
signaler la fin des hostilités (Everything That
Happens...).
Excellente surprise
donc que ce concert, qui montre que Byrne a plus d'une corde à son arc, et peut
encore revenir très fort là où on ne l'attend pas vraiment. Je regarde autour de
moi, toute la salle bruisse littéralement de bonheur, les gens se congratulent,
et ce qui est réjouissant, c'est que la nostalgie n'a rien à faire avec ce que
nous avons ressenti ce soir : en 2009, la musique de Talking Heads, Byrne et Eno
est toujours une musique d'avenir.
Retrouvez tous les compte-rendus des concerts de rock parisiens sur le blog des Rock'n'Roll Motherf***s !
25 mars 2009
"Blood - The Last Vampire" : attention, choc esthétique !
Ce qui frappe - secoue serait le terme le plus exact - dès les premières minutes de "Blood", c'est l'extraordinaire beauté des images (je ne parle pas de l'animation, assez saccadée et basique), qui amène à se poser la question : qu'est-ce qui rend un dessin plus riche esthétiquement - et même émotionnellement - qu'une photographie ? Peut-être la réinterprétation que l'artiste fait de la réalité, qui conduit ici à une sorte d'exacerbation sublime des ambiances et des expressions ? Oui, "Blood" peut être qualifié d'expressioniste, jusque dans son thème vampiresque. Problème, "Blood" ne dure que trois courts quart d'heure, bien trop courts pour rendre justice à une histoire aussi complexe, mêlant horreur gore, romantisme gothique et considérations politiques (l'histoire se passe au Japon dans une base américaine juste avant que la guerre du Vietman éclate), et nous laissent finalement terriblement frustrés devant l'ébauche de ce qui aurait dû être un chef d'œuvre de l'anime.
24 mars 2009
"Oz Saison 5" - Les gencives de l'horreur...
La 5ème saison de "Oz" commence par un très bel épisode, à la construction classique, que l'on qualifiera de très "cinématographique", qui prouve le niveau auquel peut s'élever la série quand elle s'en donne les moyens. Les 7 épisodes suivants avancent avec l'habituelle férocité frontale sur le chemin tracé depuis 2 saisons : foisonnement d'intrigues violentes - dont aucune ne sera véritablement dénouée durant cette saison - et escalade dans l'horreur (gageons que pour la plus part d'entre nous, l'histoire des "gencives" restera l'un des grands moments insoutenables de "Oz" !). On déplorera un peu qu'après 5 saisons, les personnages n'évoluent plus vraiment (même le formidable Karim Saïd semble ici avoir trouvé une sorte d'équilibre...), mais il est indiscutable que le plaisir et l'excitation de la série perdurent, même dans une saison qui apparaît plutôt comme "de transition". La liquidation inattendue d'un personnage central dans le dernier épisode relance d'ailleurs notre curiosité.
23 mars 2009
"The Chaser" de NA Hong-Jin : du brutal et du noir !
Si la vitalité du cinéma sud-coréen s'est un peu affaiblie depuis 2 ans, "The Chaser" vient magnifiquement nous rappeler que le meilleur peut encore survenir du pays de l'alcool triste et des insultes : voici un film comme le cinéma français ne sait plus en faire, une attaque virulente contre la société (la Corée, sa police, ses politiciens, sa lâcheté et son impuissance frustrante, dissimulée derrière la violence systématique des rapports humains) déguisée en thriller noir de noir, avec ces flambées de bouffonnerie et d'émotion qui en font la singularité, et placent ce film un peu ailleurs par rapport à ce que nous avons l'habitude de voir. Si la virtuosité de NA Hong-Jin n'égale pas encore l'intelligence de la mise en scène d'un BONG Joon-Ho (on pense beaucoup au foudroyant "Memories of Murder" en regardant "The Chaser"), si le film souffre d'une dernière partie longue et plus conventionnelle, on ressort quand même de tout cela littéralement retournés par tant d'intelligence et aussi tant de pessimisme.
22 mars 2009
Séance de rattrapage : "Into the Wild" de Sean Penn
On aime depuis toujours le cinéma de Sean Penn, qui, même si ses films sont toujours inégaux, légèrement en deçà de leurs ambitions, sait regarder droit dans les yeux, avec respect et émotion, une Amérique différente, perdue, brisée mais fière, largement absente des écrans trustés par l'idéologie plus conformiste d'Hollywood. "Into The Wild" ne déroge pas à la règle, qui veut qu'un film que Sean Penn fascine, envoûte, surprenne, mais finalement déçoive un peu. Sur un thème "philosophiquement" fort (comment abandonner le monde, et tourner le dos à la vie en croyant la trouver dans la solitude et la "nature", forcément idéalisée), Penn filme avec ampleur et tendresse une humanité aussi fragile que tenace, qui n'a aucune chance face à l'absolue terreur de la vie primitive. Porté par un Emile Hirsch bouleversant et incroyablement séduisant, "Into the Wild" se clot sombrement sur une leçon de vie essentielle : "Il n'est pas de bonheur qui ne soit partagé". Une leçon à méditer.