Le journal d'un excessif

Rock, cinéma, BD, littérature, coups de coeur et coups de rage, tout ce qui permet à un excessif de survivre dans l'Europe du XXIe siècle, loin du Brésil...

28 février 2009

"Benjamin Button" de David Fincher

Benjamin_Button"Benjamin Button" se présente comme un grand film romantique, ce qui se traduit par une succession de scènes à fort pathos (oui, on versera un torrent de larmes pendant ces presque 3 heures d'une vie à rebours), construit sur un "pur concept" (Benjamin vit son existence à l'envers du reste de l'humanité, et le film nous propose d'être témoin des conséquences de cette bizarrerie). Bref, un film malin qui essaye, sous la férule magistrale de Fincher, de concilier charme éternel et jeux post-modernes. Las ! Le film ne fonctionne qu'à moitié, tiré vers le fond par l'inanité d'une idée qui est traitée sans poésie (on est loin d'un Vonnegut Jr. auquel on est en droit de penser) ni humour aucun (que la vie est sinistre, hormis à de rares moments quand le bonheur surgit, garanti - dans une logique bien actuelle - par la fortune et la position sociale... voir les ridicules images d'Epinal de la "lune de miel" en yacht). "Benjamin Button" déploie toute sa machinerie d'effets spéciaux de luxe en vain : on aura passé 3 heures à fixer les transformations du visage de Brad Pitt, obnubilés par la magie numérique, sans rien avoir entendu d'autre que des banalités sur le sens de la vie. Sans rien avoir vécu, sans rien avoir appris.

Posté par Excessif à 06:41 - Films - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 février 2009

"Destroy!" d'Alvin Gibbs

sid_viciousQuand on a eu 20 ans en plein milieu de la révolution punk, cette période glorieuse de l'histoire de la musique, de la mode et de la culture populaire reste forcément "la référence" ultime, sans nostalgie ni posture revancharde d'ancien combattant. Inutile de dire donc qu'on se jette sur ce "Destroy ! L'histoire définitive du punk", écrit par l'un de ses acteurs, mineurs certes mais acteur quand même (Alvin Gibbs, bassiste des UK Subs, groupe sans talent mais fort renommé de la "seconde génération" du punk anglais...). Rapidement, on doit déchanter : l'écriture de Gibbs est particulièrement poussive, et la traduction lamentable en français n'arrange rien ; quasiment tous les faits cités ici sont de notoriété commune et on n'apprend donc rien de nouveau ; pire, au delà d'un anglo-centrisme réducteur qui décrédiblise la tentative "encyclopédique", Gibbs n'apporte aucune perspective nouvelle, aucune idée originale et pertinente sur un mouvement qui fut pourtant tout à la fois le premier mouvement post-moderne, jouant avec les codes de la société pour la subvertir, et la dernière révolution populaire qui travaille autant le champ de la réalité (grâce à la violence réelle exercée sur les individus) que celui des images. Finalement, le meilleur du livre se trouve dans ces quelques pages par ci par là dans lesquelles Gibbs raconte son propre parcours, de fan éclairé des New York Dolls à musicien lucide au sein de la tourmente, soit quelque chose de mille fois plus intéressant qu'une enième description de "la grande escroquerie du rock'n'roll". Le livre "définitif" sur le punk reste à écrire.

Posté par Excessif à 06:37 - Livres - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 février 2009

"Twilight Omens" de Franz Ferdinand

FF_LiveOui, il y a une "recette" aux chansons entêtantes, gracieuses et enthousiasmantes de Franz Ferdinand, et sur leur troisième album aussi bourré de morceaux excitants que les deux premiers, on aura une petite préférence pour les 2'30" parfaites de ce Twilight Omens qui nous enverra parader sur le dancefloor, le coeur en joie, l'âme radieuse, célébrant encore et toujours le règne de l'empereur FF !

Posté par Excessif à 17:37 - Musique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 février 2009

"Milk" de Gus Van Sant

milkSi l'on savait Van Sant capable de faire briller son "génie" même au sein des machines hollywoodiennes les plus standardisées, on ne pensait pas qu'il avait encore envie de livrer ce genre de combats. Mais on comprend qu'il a abordé "Milk" non comme un simple "biopic" - même s'il en respecte scrupuleusement les codes - mais comme une profession de foi, mêlant magnifiquement nécessité du militantisme et amour - communicatif - pour la vie, l'amour, le sexe. "Milk" est donc un film réussi sur tous ses plans : une fresque historique indispensable sur un moment-clé de la société US (et pas seulement gay), un biopic fort et poignant, et une célébration hédoniste de la beauté masculine - qui a toujours été LE grand sujet de Van Sant. Et Sean Penn y trouve ce qui est peut-être son plus beau rôle, loin de ses marques et de ses habitudes.

Posté par Excessif à 07:22 - Films - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 février 2009

"Oz Saison 4 - 1ere partie" - 8 épisodes infernaux...

Oz_4La (première partie de la) 4ème saison de "Oz" a été visiblement conçue pour rattraper l'impression mitigée laissée par la précédente, et le scénario de ces 8 épisodes littéralement infernaux a été boosté de térostérone : les cartes ont été redistribuées à Em-city, nombre de personnages principaux sont morts ou ont été écartés, et les jeux de pouvoir entre les différentes communautés qui s'affrontent atteignent ici une sorte de paroxysme, pendant que la narration redouble de pessimisme : toute bonne action se retournera immanquablement contre vous, toute mauvaise action entraînera elle le départ d'un nouveau cycle haine-vengeance-mort. No future donc, et les commentaires off qui détaillent sans merci les tares du système carcéral ne laissent aucun espoir. Un dernier épiside remarquable, et on ressort de là à nouveau passionnés par "Oz".

Posté par Excessif à 07:01 - Séries TV - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 février 2009

"The Wrestler" de Darren Aronofsky

TheWrestler"The Wrestler", c'est Rocky filmé par les Frères Dardenne. Un Rocky interprété par lui même, et non par un acteur. Bref, le film d'Aronofsky, malgré toutes ses indéniables qualités - s'intéresser à l'Amérique des perdants, de la misère sociale, physique et morale - sans l'analyser ni la juger, sans en tirer de leçon, ni politique, ni psychologique - reste une machine - trop intelligente pour son propre bien - à fictionner en utilisant tous les ressorts possibles (le parcours "christique", clairement exprimé, du perdant magnifique, sur un scénario en étapes d'un calvaire bien dessiné et finalement hollywoodien ; l'intelligence et la légèreté d'un cinéma "social" (ré)inventé en Europe). Le meilleur de "The Wrestler" est donc le monstre en son centre, Mickey Rourke, effrayant et bouleversant, tellement juste (il est lui-même, et c'est tout) et stupéfiant que peu importent les artifices de ce petit malin d'Aronofsky : la vie palpite à l'écran, magnifique et étouffante.

Posté par Excessif à 07:34 - Films - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 février 2009

"Doggy Bag - Saison 5" de Philippe Djian

Doggy_Bag_5Alors, comme ça, ce diable de Djian pousse le perfectionisme dans son concept de "série TV écrite" jusqu'à réaliser une "mauvaise saison", une de celles qui mettent les fans en fureur et font irrémédiablement baisser l'audimètre ! Eh oui, cette cinquième saison de Doggy Bag est tout simplement médiocre, entre stagnation pénible des relations entre les personnages et recours à une ou deux idées-choc qui ne sont pas bien bonnes : des crises de lévitation de Victor à l'ours enragé décimant la paroisse (pas d'ellipse, cette fois-ci, Philippe ?), le niveau de grotesque atteint fait qu'on cesse de rigoler pour hausser les épaules. On se consolera de cette perte (temporaire ?) d'inspiration en admirant le style de Djian, toujours aussi inventif et au final, impressionnant...

Posté par Excessif à 08:30 - Livres - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 février 2009

"It's Not Me, It's You" de Lily Allen

lily_allen_it_s_not_me_it_s_youOn craignait ce second album de notre "chavette people" préférée, entre épuisement de l'inspiration et fatigue du "concept". On n'avait pas tort, mais la déception principale de "It's not me, it's you" vient de là où on ne l'attendait pas : d'une production d'un mauvais goût insigne, superposant les couches de synthé jusqu'à l'écoeurement physique de l'auditeur, retrouvant même la vacuité du son des 80's à force de surligner de beats synthétiques cette pop trop sucrée. Oui, malgré 4 ou 5 bonnes mélodies tenaces (on est loin du sans faute de l'album précédent !), malgré les textes souvent pertinents, voire brillants, ce disque est une déception cruelle, la réalité crue des banlieues londoniennes étant désormais soigneusement dissimulée derrière des effets "bling blings" qui n'honorent pas Lily Allen !

Posté par Excessif à 19:30 - CDs - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 février 2009

"The Reader" de Stephen Daldry

The_ReaderQue c'est bien de n'avoir absolument rien lu sur un film quand on va le voir ! Pour "The Reader", cette ignorance bénie nous place exactement dans la même position que son personnage principal, le jeune Michael, découvrant l'insoutenable vérité sur la femme de sa vie : après une très belle introduction narrant un dépucelage (sexuel, amoureux, intellectuel) d'une manière plus directe et fine qu'il est de coutume à Hollywood, "The Reader" dévoile alors au spectateur affolé son coeur noir : théorique, philosophique même, le film a alors une force peu commune, tant par l'ambition des questions qu'il pose (Peut-on aimer un monstre ? L'ignorance justifie-t-elle le pire ?) que par l'opacité redoutable du personnage construit par une Kate Winslett au-delà de toute éloge. Dommage qu'ensuite, on retombe dans les bons sentiments et les sentiers plus balisés de la culpabilité, du pardon et de la transmission : "The Reader" aurait pu être un grand film.

Posté par Excessif à 06:03 - Films - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 février 2009

"Temps Mort" : pourquoi on n'en a toujours pas trop marre de Coben...

temps_mortQuand il raconte les aventures de Myron Bolitar (quel nom !), Coben essaye de ne pas être Coben, et il remplace son style passe-partout d'écrivaillon de polars de gare par un style encore plus vulgaire, à la fois hilarant de méchanceté inventive ("l'air avait la transparence d'un rideau de douche crasseux", "ici, la rénovation urbaine était un concept à peu près aussi familier que le voyage temporel", etc.), et largement consternant (régulièrement réactionnaire, xénophobe et anti-jeune)... Mais Coben reste Coben, construisant des énigmes en forme de puzzles à plusieurs niveaux - ce sont les interférences entre plusieurs histoires qui les rendent obscures, à la différence de beaucoup de polars modernes où l'on joue sur les faux semblants d'une seule "histoire" qui en paraît plusieurs -, obsessionnellement autour d'un unique sujet : les secrets de famille, et le mal qu'ils font aux enfants. Ce qui fait que, naturellement, après une poignée de livres construits sur le même principe, on se lasse de Coben... Même si, quand lui et ses personnages arrêtent de faire les malins, et que la tragédie prend toute son ampleur, dans les dernières pages de ce "Temps Mort" qui n'en connaît pas (ah ah ah !), il se dégage (enfin) une certaine force du pessimisme radical de Coben, finalement trop souvent dissimulé derrière la laideur du cynisme.

Posté par Excessif à 06:29 - Livres - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3   Page suivante »