Le journal d'un excessif

Rock, cinéma, BD, littérature, coups de coeur et coups de rage, tout ce qui permet à un excessif de survivre dans l'Europe du XXIe siècle, loin du Brésil...

30 janvier 2009

"Poetic Justice" d'Elliott Murphy

Poetic_JusticeLa surprise qui nous saisit en commençant la lecture de "Poetic Justice", c'est qu'on n'y retrouve pas grand-chose du Murphy qui nous enchante depuis plus de trente ans avec ses ballades romantiques et son rock'n'roll élégant. Pas de belles amoureuses perdues dans la nuit ici, ni de chuintement des limousines sur l'asphalte mouillée, juste l'apparition un peu fantômatique d'un lost poet, Walt Whitman, dont les poèmes soutiennent la trame narrative de ce... western ! Un western des plus traditionnels, qui aligne les scènes-clé du genre, voire ce qu'on pourrait même appeler des poncifs (le duel, la vengeance, le saloon, la pendaison, le bordel, etc. etc.), sans que jamais, malgré le plaisir d'une écriture claire et précise, on ne comprenne tout-à-fait ce qui a pu motiver Murphy à écrire ce genre de roman (roman de genre). A moins bien entendu de lire la 4ème de couverture, où notre balladin chéri explique son désir d'écrire ce qui "deviendrait son western-imaginaire favori" et "d'affronter la nostalgie et la fêlure de l'expatrié" : oui, derrière un travail de recherche historique qui paraît relativement sérieux, sur l'histoire de l'Ouest américain et de certaines de ses grandes figures (on veut bien croire Murph sur ce point, à moins qu'il nous abuse, tout simpement !), il y a sans doute ici la poursuite d'une vérité personnelle qui lui échappe autant qu'à nous : entre disparition prématurée du père, absence des femmes de la famille (entraînées dans la perdition), et nécessité de se construire une image "impressionnante", voire "légendaire" (le tueur, allégorie du musicien de rock ?) pour protéger de la brutalité du monde ce qui reste d'une âme d'enfant, c'est alors une lecture différente, et bien plus intéressante, de "Poetic Justice" qui se dessine. Pas un grand livre, c'est certain, mais certainement un livre qui fait du bien, et qu'on a envie d'aimer... Comme la musique d'Elliott Murphy, finalement...

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28 janvier 2009

Kaiser Chiefs à l'Olympia le mardi 27 janvier

2009_01_Kaiser_Chiefs_078L'Olympia est - logiquement - pleine ce soir d'adolescentes, et l'ambiance est au beau fixe au sein de notre petite troupe : Cécile raconte ses aventures (ouououh) backstage avec les musiciens de Late of the Pier, Robert est très stoïque et pro (pas un fan des KC, Robert ?), Gilles se remémore ses dernières découvertes musicales et nous propose une nouvelle rafale de groupes à suivre (Threamantics, on en ré-entendra parler, apparemment). Moi, je suis un peu sceptique quant à la capacité de KC à délivrer la même excitation joyeuse qu'il y a 2 ou 3 ans, l'âge et la célébrité croissants, d'autant que le triste "Live" sorti en DVD montrait un groupe tombé du mauvais côté du systématisme et de l'emphase. Bah, on verra bien !

Et pour voir, on a vu : sans doute le meilleur concert de Kaiser Chiefs2009_01_Kaiser_Chiefs_066 auquel j'ai assisté, une heure et quinze minutes d'un rouleau compresseur de plaisir : uniquement des chansons pop parfaites, alternant hymnes pour stades remplis de supporters avinés ("Na Na Na Na"), punk rocks énervés ("Take My Temperature", toujours l'occasion de vérifier que Kaiser Chiefs ne sont pas qu'une machine à hits, mais sont aussi un vrai groupe de rock) et rares moments de légèreté pop ("Good Days Bad Days", du côté de Madness, et surtout, non prévu sur la set list, un impeccable "Tomato In The Rain" en ouverture de rappel, mon titre préféré à moi sur le troisième album). S'il y a une limite à la "méthode Kaiser Chiefs", c'est sans doute l'aspect quasi machine monstrueuse que le groupe revêt, ce mélange de puissance scénique (un peu sans 2009_01_Kaiser_Chiefs_067âme, c'est vrai...) toute entière au service de cette quinzaine de compositions impeccables... le tout ne permettant jamais au public de reprendre son souffle. On hurle, on agite les mains, on saute de bas en haut, on slamme (pour les plus jeunes), on arrive même à monter sur scène malgré le service d'ordre redoutable (joli moment de gentillesse de la part de Ricky Wilson, qui sauve une frêle jeune fille des bras des brutes pour la recueillir sur scène, la prendre en photo, etc.), on n'a pas une minute pour respirer. Ricky est là en Monsieur Loyal de ce cirque, relançant les hurlements et l'excitation à la moindre menace de baisse de régime, descendant dans la fosse pour se jucher sur la barrière, au contact avec ses admiratrices. Devant, on arrive à s'y raccrocher, à cette barrière, ce qui fait qu'on ne souffre pas trop de l'empoignade générale (Cécile, derrière nous, est rapidement éjectée...), on baigne - ravis - dans ce son renversant(fort, très fort même, mais toujours clair et équilibré) que l'Olympia est la seule salle 2009_01_Kaiser_Chiefs_102 parisienne à offrir avec ce degré de perfection. Entre deux hymnes reprises à gorge déployée, on regarde les musiciens, impeccables, semblant un peu plus détendus qu'à l'habitude, qui, sans virtuosité excessive - ce serait déplacé par rapport à cette musique assez "basique" - assurent avec un mélange d'efficacité et de sobriété pour le moins rassurant. Ce qui distinguera ce concert des autres, ce sera la capacité que Ricky et sa bande auront de faire par instants monter encore la pression, alors qu'on se trouve déjà dans une quasi extase continue (d'ailleurs je regarde mon Gilles qui part régulièrement en vrille à côté...) - au delà d'un "Na Na Na Na" - déjà cité - singulièrement cogneur, on aura senti le souffle des grands concerts passer sur "History", sur "Ruby" (bien entendu), et, inévitablement, sur le "crowd pleaser" final et rituel de "Oh My God", toujours démentiel dans son alternance entre couplet paradoxal et refrain à hurler en choeur, les larmes aux yeux et le coeur serré.

Voilà, c'est fini, une fois de plus on a été bluffés par ce groupe "populaire" qu'il peut paraître de bon goût de mépriser (trop facile, d'écrire de tels chansons imparables ? I don't think so !), mais qui rejoue à l'envi le grand spectacle de la pop triomphante, dans la lignée des Beatles ou des Kinks des débuts. Oui, voilà, c'est fini, et le groupe quitte la scène sur la ritournelle de "Waltz in Black" des Stranglers, ce qui ne saurait mieux tomber, puisque la semaine prochaine, ce sera au concert des Stranglers, dans cette même salle, que nous nous retrouverons.

L'intégralité de ce compte-rendu se trouve sur le blog des Rock'n'Roll Motherf***s !

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25 janvier 2009

"Arctic Monkeys At the Apollo" : les limites de Arctic Monkeys

Arctic_Monkeys_at_the_ApolloÇa commence bien, très bien, même : une poignée de chansons puissantes, un filmage minimaliste qui rend hommage à la saine simplicité de ce groupe très "près de chez nous" (quand on est Anglais, of course...). Alex Turner paraît moins arrogant que lors de ses passages à Paris, il est même touchant avec son petit côté "Harry Potter découvre le rock'n'roll". On se retrouve tout de suite envoûtés par la complexité paradoxale de cette musique assez indescriptible, inventive, toujours élégante, qui ne sacrifie certes pas aux rituels habituels. Et puis quelque chose se délite, au fil de chansons un peu plus faibles, et l'habituelle décontraction de Turner se transforme en une demi-indifférence, voire en simple "foutage de gueule" : Arctic Monkeys bâclent la fin de leur set, sans conviction ni brio, sans la moindre tension ni, et c'est la limite perpétuelle de ce groupe, la moindre générosité. La preuve, c'est que la réalisation du film, jusque là impeccable, se voit obligée de remplir les blancs par des images incohérentes, sans parler de nous montrer deux fois un final qui n'en est pas un. "At the Apollo" s'achève donc de bien triste manière...

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21 janvier 2009

Séance de rattrapage : "Fulltime Killer" de Johnnie To et Wai Ka Fai

Fulltime_KillerCe qui surprend largement, à la découverte de ce "Fulltime Killer", c'est combien on n'y retrouve quasiment rien de Johnnie To, de son sens aigu de l'espace et des mouvements, de sa créativité pour montrer sous un angle nouveau des choses vues 1000 fois. Non, ici, c'est sans doute le comparse Wai Ka Fai qui est aux manettes, et qui nous livre un polar Hong Kongais "classique" avec gunfights spectaculaires et mise en scène à l'arraché, déchaînée et un tantinet "putassière". Mais bon, le scénario est excellent, avec une impressionnante déstabilisation de la narration aux 3/4 du film (Simon Yam prend alors la main, et la raison bascule, on passe à une perception "virtuelle" de l'histoire...), et des acteurs charismatiques (Andy Lau comme on ne l'a jamais vu !). Bref, un film aussi intelligent que profondément divertissant.

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20 janvier 2009

Zweig retrouvé : "Le Voyage dans le Passé"

Voyage_dans_le_Pass_La vie peut être belle, et de façon inattendue : voilà qu'on retrouve un texte inédit de Stefan Zweig, et tout permet alors de croire - au moins quelques instants fugaces - aux miracles. Peut-être un jour, le destin ressortira-t-il ainsi de son chapeau un album inconnu de Tintin par Hergé ? Bon, soyons réalistes, voici une petite centaine de pages seulement d'une nouvelle qui n'a pas, quoi qu'en dise la préface, la beauté irradiante des grands textes de Zweig. Non, mais quand même... Car tout est bien là, au point qu'il peut être délicat de retenir nos larmes en tournant ces pages : le style incroyablement riche, la précision de la description de chaque mouvement - du corps comme de l'âme, mais surtout du coeur -, les bouffées asphyxiantes de passion et de désespoir qui nous envahissent par alternance. Et si la fin, curieusement suspendue (ou peut-être n'ai-je rien compris ?) prive finalement ce beau texte d'une apothéose qu'il aurait méritée, on a le droit de lire dans cet inachèvement une générosité possible de l'auteur envers ses personnages privés de leur histoire d'amour par le destin et l'Histoire. Alors, au final, un texte moins "essentiel" de Zweig reste un plaisir plus riche et marquant que bien des "chefs d'oeuvre" soi-disant modernes.

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19 janvier 2009

"Slumdog Millionaire" de Danny Boyle

Slumdog_Milionaire"Slumdog Millionaire" est un film qui n'a pas grand-chose d'aimable - pour moi, tout au moins, car on voit bien comment le soi-disant grand public peut se laisser "emballer" : d'abord le filmage toujours aussi imbécile, voire même répugnant lorsqu'il s'agit de parler des souffrances d'enfants, de Danny Boyle, l'un des pires réalisateurs qui soit, en clinquant très pub 80's et clips décérébrés ; ensuite, ce scénario faussement malin, mais rapidement ridicule de systématisme, construit sur une seule idée ("une question = un épisode de la vie de notre "chien des bidonvilles" = un flashback) ; enfin, l'utilisation du suspense télévisuel de plus bas niveau (celui du jeu "... Millionnaire ?" : trouvera ? trouvera pas ?) comme unique moteur de la fiction lorsqu'elle a renoncé à paraître concernée par les "problèmes de l'Inde". Pourtant, quelque chose d'intéressant perce quand même derrière tout ce mauvais cinéma, que l'on appellera l'énergie d'un pays, d'un peuple encore peu filmé à l'aune de son importance actuelle, l'un des centres du monde d'aujourd'hui. Oui, pour ça, il faut voir "Slumdog Millionaire".

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18 janvier 2009

"The Office (Version US) - Saison 2 : On se laisse prendre...

The_Office_USUne fois accepté le dur fait que la version US du chef d'oeuvre anglais ne volera pas aussi haut, on peut se laisser aller à apprécier cette seconde saison (et en fait, la première véritable saison complète, avec 22 épisodes), pour des raisons bien différentes de son "aînée" : l'inadéquation de Steve Carell avec le personnage écrit par et pour Ricky Gervais (Carell est trop foncièrement touchant et séduisant pour devenir la pitoyable brute imbécile du rôle) est compensée par l'abattage de Rainn Wilson - à mon avis le véritable personnage-clé de la série -, constamment impressionnant, et aussi, avouons-le (midinettes que nous sommes, au fond), par la touchante histoire d'amour non-dite entre Jim et Pam. Si la série se clôt par le suspense insoutenable de leur premier baiser (quel cliffhanger !), ce n'est pas pour rien : gageons que si on peut devenir accro à "The Office", c'est pour cette tendre attention portée à ces Américains moyens et normaux (ou presque...), trop largement ignorés par le cinéma.

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17 janvier 2009

QueenAdreena à la Maroquinerie le vendredi 16 janvier

2009_01_QueenAdreena_164Je ressens souvent une certaine anxiété avant de revoir un groupe que j'aime vraiment sur scène, anxiété redoublée ce soir pour QueenAdreena, tant j'ai fait du prosélytisme pour ce concert : j'ai réussi à entraîner dans l'aventure Dan, Clément et Christophe (au dernier moment, grâce à un billet en plus qui me restait...), et je n'ai pas envie que mes amis soient déçus. Quant au reste de la bande, tout le monde ou presque est là ce soir, en avance, en train de se réchauffer et de s'en jeter un petit au bar de la Maro, mais là, pas de lézard, tout le monde connaît et tout le monde est déjà "au taquet". Robert, qui a passé l'après-midi avec le groupe, nous balance avec son humour habituel, la mauvaise nouvelle : changement de batteur, exit donc le monstrueux et spectaculaire Pete Howard. Déception, inquiétudes. En plus, Robert ajoute : "Ils sont fatigués par le voyage..". Gasp !

La Maro est bourrée pour notre Queen(Adreena) et ça, ça fait vraiment plaisir. Et la ferveur du public - les habituelles filles en transe plantées devant Katie Jane, lui saisissant la main à chaque occasion pour l'assister au long de son douloureux chemin de croix, mais aussi tout le reste du public, cette fois - va faire la différence par rapport aux précédents concerts auxquels j'avais assisté. Car ce soir, et ce malgré ce nouveau 2009_01_QueenAdreena_070batteur compétent (lourd et puissant) sans plus, QueenAdreena va atteindre des sommets. Sur In Red, comme toujours en quasi ouverture, giclée d'adrénaline brûlante pour nous mettre sur les rails. Sur un Medicine Jar d'anthologie, qui voit Crispin tutoyer les étoiles avec une série de solos aussi abrasifs que lumineux. Sur une version enragée de Pretty Like Drugs, la meilleure que j'ai vue pour l'instant sur scène (plié sur la scène sous la pression du public qui tangue, je hurle, la voix cassée, et je vois du coin de l'oeil Gilles B qui fait de même, et Dan, à côté de moi, dont le visage rayonne de bonheur). Mais aussi pendant la quasi totalité du set, morceaux lents y compris, qui voit la transe recherchée envahir peu à peu la salle, et les spectateurs entrer littéralement en résonance avec le groupe. Ce soir, Crispin sourit tout le temps, et Nomi, l'impressionnante bassiste (je l'adore, je l'adore !) entre elle aussi dans le jeu : ce soir, au delà de Katie Jane qui est Katie Jane, il y a devant nous un groupe brillant et littéralement habité par sa musique.

2009_01_QueenAdreena_146Quelques petits problèmes dans la salle, quand deux abrutis défoncés sèment le trouble à plusieurs reprises : un court pugilat pour les repousser, avant que le premier ne se fasse expulser ; puis, plus tard, le second monte sur scène, bouscule Katie Jane avant de baisser son pantalon pour nous montrer ses couilles et sa pauvre petite bite bien molle, en nous insultant. Ambiance ! Allez, ouste, dehors ! Pour le reste, tout ira bien, et le plaisir sera total. Il faut noter une chose importante : ce soir Katie Jane n'est pas en nuisette, mais porte une sorte de robe ultra-courte en plastique, entre sac poubelle et couche pour bébé ! Mais sur elle, tout est seyant, et on est quand même plus focalisés sur son visage, traversé de ces terrifiants éclairs de folie pendant qu'elle se barbouille de rouge à lèvres, que sur ses fesses (jolies, d'ailleurs) ou sur ses mini-seins qui finiront, comme souvent, à l'air. Katie Jane fait donc son habituel spectacle "total", un spectacle dont on ne se lasse pas, tant il mêle évocations des terreurs incontrôlables de l'enfance et naufrages éperdus dans une schizophrénie douloureuse. Ce que fait Katie Jane, c'est beau, ça fait peur, ça fait sourire aussi, c'est parfois vraiment inspiré (la bouteille entre ses cuisses ce soir est une bouteille de rouge, ce qui fait que les giclées qu'elle finit par envoyer évoquent le sang menstruel...), ou dérangeant... Tandis que, derrière, la guitare de Crispin est littéralement miraculeuse, ce soir, réussissant quasiment sur chaque chanson à plonger le public dans l'hystérie en déversant sur lui un torrent 2009_01_QueenAdreena_147brûlant de lave.

Voilà, une heure vingt plus tard, QueenAdreena se retire, après une version superbe de Pretty Polly (habituel et délicieux fracas final, avec Crispin qui agite sa guitare, portant le magique numéro 11 - tout comme la basse de Nomi -, dans tout les sens et maltraite ses pédales d'effets), et un retour bizarroïde et fascinant, peut-être non programmé (pas sur la set list en tous cas) qui voit Nomi (à la guitare sèche !) et Katie Jane, accroupies face à face sur scène, presque lovées l'une contre l'autre, psalmodier l'une 2009_01_QueenAdreena_173de ces comptines malades dont Katie Jane a le secret, rejointe ensuite par Crispin - qui doit tout rebrancher son matériel après le chaos de Pretty Polly... Un rapide coup d'oeil autour de moi, tout va bien, tout le monde semble ravi, même ceux qui ont été aspergés par le nuage de vin rouge que Katie Jane a généreusement fait pleuvoir sur nous... il faut dire qu'il y avait de quoi : les qualificatifs sont tous superlatifs, ma voix menace de se briser à force d'avoir trop hurlé, j'ai l'impression d'avoir un peu mal partout, et je pense que quelques acouphènes viendront faire chanter ma nuit. On a du mal à se séparer sur le trottoir de la Maro, on vient de vivre encore une fois (mais ce n'est pas si fréquent que ça !) l'un de ces concerts vraiment exceptionnels qui nous tiennent ensuite chaud au coeur et à l'âme des mois durant. Vincent dirait sans doute : "mythique", mais je ne suis pas certain que nous soyons assez nombreux sur cette planète à partager - et disséminer - le "mythe QueenAdreena" pour ça...

Retrouvez l'intégralité de ce compte rendu sur le blog des Rock'n'Roll Motherf***s !

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16 janvier 2009

Redécouvrir Douglas Sirk : "Le Secret Magnifique" (Secte ou pas secte ?)

Secret_MagnifiqueIl n'est pas certain que "le Secret Magnifique" justifie le culte que la critique moderne porte à Douglas Sirk... Car, avouons-le, si "le tour de main" du magicien du mélodrame est bien là, cet équilibre improbable entre sérénité et pathos, cette capacité à transcender n'importe quelle scène qui paraîtrait - ailleurs - improbable, voire ridicule, en un élégant moment d'émotion, cette sûreté "classique" du rythme de la narration comme du montage, et, évidemment, cette facilité à allumer un incendie sous le glacis des bonnes manières de ses personnages, toutes ces qualités sont largement gâchées par le sujet - embarrassant, voire déplaisant si l'on veut bien être honnête -, par la nature de cette "magnificent obsession" : une théorie vaseuse, jamais vraiment explicitée, tournant autour d'une déviation bizarre du christianisme (Jésus lui même en aurait été !), qui confère aux personnages l'allure illuminée des membres d'une secte (on pense beaucoup à la scientologie, naturellement). Et ça, ce n'est pas fun !

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15 janvier 2009

Séance de rattrapage : "Mad Detective" de Johnnie To

Mad_Detective"Mad Detective" voit donc le virtuose Johnnie To explorer un territoire plus "fantastique" nouveau pour lui, sans pour autant délaisser les atmosphères noires et stylisées de ses habituels polars. Le résultat est mitigé - "Mad Detective", avec son scénario à la fois délirant et obscur, ne fera pas partie des chefs d'oeuvre de Johnnie ! -, mais aussi régulièrement exaltant, tant l'intelligence de la mise en scène et la fantaisie de la narration transcendent régulièrement la futilité du thème et les aberrations du scénario. On se surprend par instants à s'émerveiller comme un enfant devant certaines trouvailles de To, et au final, même si n'a pas cru à cette histoire délirante, ni même compris grand chose à sa résolution, on a eu son plein d'instants magiques, voire intensément poétiques. Oui, Johnnie To est bien un réalisateur inspiré, et pas seulement un grand styliste !

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