30 novembre 2008
Aimez-vous le lapin ?
... Si la réponse est non, n'allez pas dîner chez "Monsieur Lapin", même si la carte offre aussi un large choix de poissons et autres viandes, bien entendu. Parce que vous serez quand même entouré de lapins, le décor s'avérant gentiment mono-maniaque, jusque dans les toilettes (mais là, vengeance, un poster montrant Alice flinguant le lièvre du conte, ah, ça fait du bien !) : oui, le décor "lapinesque" est l'un des vrais "plus" de ce joli restaurant en haut de la Rue Losserand, près de l'Avenue du Maine, qui devrait vous permettre de passer une belle soirée entre amis, dans un cadre raffiné et intelligemment agencé (je parle comme une pub, maintenant, raaah !), le tout à un prix raisonnable, le menu entrée-plat-dessert étant proposé à 35 Euros, une vraie affaire. Ceci si vous avez réussi à vous garer, bien entendu, le quartier étant un cauchemar pour les automobilistes...
Bon, mon honnêteté proverbiale m'oblige à vous avouer que vous ne ferez pas non plus là le dîner du siècle, car les plats, goûteux et bien servis, ne sont pas quand même d'un raffinement inouï : la terrine de lapin en entrée était bonne, mais accompagnée d'une sauce sans intérêt, les légumes autour de mon poisson - bien cuit comme il faut - étaient joliment organisés et colorés, mais parfaitement insipides, voire immangeables, et la crêpe contenant les sorbets de chez Bertillon (une bonne idée) était dure et sans goût. Bref, rien de déshonorant, mais pas de quoi s'esbaubir non plus. D'ailleurs, au cours de la soirée, personne ne s'est empressé de faire les commentaires habituels, du genre "Hmmm, c'est vraiment délicieux, etc. etc." Un signe, non ?
Bref, "Monsieur Lapin" est un bon restaurant "standard", ce qui n'est pas si mal. Ou plutôt le serait si le service n'était pas aussi ridicule : au cours de la soirée, sur les 3 plats servis, aucun ne l'a été correctement, je veux dire en accord avec notre commande ! De quoi piquer des fous rires, tant on aurait pu croire que
c'était un "running gag" : chacun d'entre nous tour à tour s'est vu proposer le plat de son voisin, quand il ne s'agit pas des plats d'une table voisine. Le comble a été quand les sorbets sont arrivés, les serveuses n'ayant aucune idée des parfums de chaque assiette ! C'est quand même assez impressionnant de voir, dans un restaurant qui a visiblement une certaine ambition, un tel manque de professionnalisme sur des choses aussi basiques que l'organisation du service. Voilà, c'était mon coup de gueule, et, au final, c'est cela qui restera en mémoire, ce qui n'est certainement pas l'objectif de Frank Enée, le chef de "Monsieur Lapin" (fort sympathique, au demeurant) !
29 novembre 2008
The Dø à l'Olympia le vendredi 28 novembre
J'aime The Dø pour cette ambiance dépressive furieusement cinématographique que
chaque morceau réussit à créer, voire à renouveler, tel un petit miracle de
poésie aigre et fragile. Sur scène, soyons francs, rien de tout cela : un show
puissant, spectaculaire, où chaque morceau est retravaillé à la térostérone -
batterie fracassante derrière - et voit ses tripes saignantes arrachées,
balancées à la foule. Mais aussi un show de "riches" avec de belles lumières,
une belle mise en scène et une belle sophistication du matériel (je pense bien
sûr surtout à l'impressionnante batterie avec sa spirale de percussions et ses
protactions en plexiglass, mais aussi au beau logo à l'arrière plan...). Pour
moi, cela va donc être une vraie surprise, et avous-le, une légère déception
donc : il me faut oublier les versions poignantes, lo-fi, de l'album pour
pouvoir me laisser aller au spectacle généreux offert par Dan et Olivia,
rayonnants, bondissants, finalement très showmen (and -women) dans l'âme. Dès
l'entrée, "Playground
Hustle" survitaminé et spectaculaire, le ton est donné, et
dès le troisième morceau - "The Bridge is Broken" - qui a muté en rock puissant
entrechoqué avec le hip hop viril de "Queen Dot Kong" -, le tour est joué, la
salle est conquise, le style de la soirée est donné : un déficit d'émotion,
certainement, mais un supplément de spectacle, indiscutablement. On chante en
choeur, on frappe dans les mains, on hurle, on essaye de reconnaître ses
morceaux favoris : est-ce vraiment the Dø, sur scène ? Non, quand une version
retravaillée mais finalement désenchantée de "Travel Light" - son gimmick pompé
sur le "I am the Walrus" des Beatles disparaît - nous déçoit ; Oui, quand Dan
fait tenir le "La" à la foule pour lancer un "Unissasi laulelet" magnifique,
enfin émouvant, qui sera pour moi et de loin le plus beau moment de la soirée.
"On My Shoulders" lance la dernière partie du concert, qui sera rock et énervée,
et le frisson qui nous saisit tous lors du premier couplet laisse place - pour
moi, tout au moins - à la simple fascination devant ce jeune couple en pleine
maîtrise de son sujet, finalement déjà professionnels : Olivia est notre Björk à
nous (origines nordiques communes, goût pour les tenues créatives, capacité à
exprimer en scène une vitalité explosive, voix impressionnante), Dan fait
n'importe quoi, entre le magicien électro, les gestes hip hop merdiques et
l'excitation rock'n'rollienne, mais anime indéniablement la scène, le batteur
fait naître un ouragan là derrière (un peu trop prépondérant, d'ailleurs, à mon
goût, cet ouragan...). En tout, nous aurons été gratifiés de plus de 1 h 30 de
concert, un peu étiré sur la fin, il est vrai, par les longs remerciements à
l'équipe technique - on approche de la fin de la longue tournée, n'est-ce même
pas le dernier concert ce soir ? Et je ressortirai de là un peu sur ma faim,
regrettant certainement de ne pas avoir vu The Dø comme Gilles B à leurs débuts,
avant qu'ils ne deviennent aussi "rôdés", mais aussi très impressionné par la
force qu'ils dégagent aujourd'hui. Un dernier mot pour ceux et celles, nombreux,
qui ont du mal avec la voix d'Olivia : tout le monde dans notre petite troupe ce
soir était d'accord pour dire que, sur scène, cette voix plaintive et
dérangeante était désormais plus du côté de la puissance... The Dø ont
maintenant tout pour conquérir le monde !
Retrouvez l'intégralité de ce compte-rendu sur le blog des Rock'n'Roll Motherf***s !
28 novembre 2008
"20th Century Boys" - Vol 19, et voilà qu'on sourit en lisant "20th Century Boys" !
Le 19ème tome de 20th Century Boys innove en déplaçant la résurrection de son
héros vers un mode burlesque : une rupture de ton déstabilisante, mais pour le
moins astucieuse. En désamorçant à la fois l'émotion du lecteur (suffisamment
stimulée dans les 18 tomes précédents) et le spectaculaire de cette réapparition
qu'il aurait été si facile de rendre mythique, Urasawa montre qu'il est un auteur ambitieux. Contre toute attente, voici donc une tragédie planétaire qui se mue
en farce dérisoire, la révolte des gueux conduite par un cowboy japonais et un
ex-amnésique sans illusions. Dommage que Urasawa nous impose un retour inutile
sur un personnage secondaire qui n'a jamais présenté d'intérêt, mais il se
rattrape superbement dans le genre ironie en concluant la scène par une phrase
d'anthologie : "c'est super dur d'être le mal, c'est nettement plus cool d'être un
justicier !". Lol, comme on dit !
27 novembre 2008
Blood Red Shoes au Trabendo le mercredi 26 novembre
21 h 15, Blood
Red Shoes rentrent sur scène, dans le noir. Steve, voix géniale (Feargal Sharkey
? Russell Mael ?) et batterie dantesque (John Bonham ? Keith Moon ?) est
toujours le même monstre déguisé en chérubin blondinet à la coupe de cheveux
juvénile. Laura-Mary Carter est toujours la même goule, renfermée, voire
renfrognée (la timidité ?), cachant sa beauté touchante derrière ses cheveux, et
sans doute responsable du manque d'éclairage récurrent des concerts de BRS :
même si elle mouline des riffs sanglants, même si sa guitare déversera un
torrent de lave ininterrompu durant l'heure qui suivra, il y a quelque chose de
refroidissant, presque de déprimant dans cette retenue. Blood Red Shoes me
posent un vrai problème, à moi : leur musique est quasiment parfaite - à mon
goût -, réalisant le premier cross-over vraiment parfait entre pop brûlante et
noise cataclysmique, conjuguant beautés vocales (bon, pas forcément mises en
valeur sur scène, avouons-le, le mix sacrifiant les voix de manière
systématique
!) et virtuosité technique. Pourtant, il semble toujours leur manquer ce soupçon
de folie, cette larme d'émotion qui ferait basculer leur musique vers l'hystérie
qu'elle semble convoquer vainement. Et le public du Trabendo ne s'y trompe pas,
qui reste relativement calme malgré le déluge sonore qui s'abat sur lui : tout
le monde connaît toutes ces chansons merveilleuses par coeur, mais nul n'arrive
vraiment à se laisser aller dans l'extase qui devrait nous submerger. Blood Red
Shoes jouent une musique impeccable, mais vaguement sans surprise, y compris dans
son intensité qui ne fluctue sans doute pas assez pour devenir saisissante...
Nous
aurons droit ce soir à trois nouveaux morceaux, dans la même lignée que les
pépites de "Box of Secrets", le plus beau étant le premier, "New Song" (titre
définitif ?), qui voit Blood Red Shoes s'aventurer plus franchement sur les
terres de Sonic Youth ou de My Blood Valentine. Le public finit quand même par
s'échauffer, au bout de cinquante minutes, sur "This is Not For You" et "I Wish
I Was Someone Better" : Laura-Mary sourit (un petit peu) enfin, Blood Red Shoes
rajoutent un peu de "spectacle" dans leur set, et le contentement nous saisit
enfin... Mais... c'est déjà fini !
Heureusement,
il va y avoir un rappel, et, pendant ce rappel, il va se passer quelque chose de
significatif : pour la première fois (?), Steve et Laura-Mary vont échanger
leurs instruments, et le Stevounet va se lancer, soutenu par Laura-Mary à la
batterie métronomique (mais correcte), dans un morceau "garage" du plus bel
effet : le voici, lui, rock star valstar, guitar hero rigolo, il saute dans tout
les sens, il y a une lumière nouvelle sur scène, même Laura-Mary a la banane
derrière les fûts, tous les spectateurs sont ravis. Rien à dire, Steve est un
(petit) dieu ! Et du coup, on entrevoit une possibilité de salut pour Blood Red
Shoes : l'échange des rôles, sinon des sexes. Allez, cachez la jolie grognon
derrière la batterie, mettez-nous le mignon souriant à la guitare, et tout ira
pour le mieux : on les appelera Sperm White Santiags, et on rigolera bien plus
!
Vous retrouverez, comme toujours, l'intégralité de ce compte-rendu sur le blog des Rock'n'Roll Motherf***s !
26 novembre 2008
"Two Lovers" de James Gray
Il y a dans "Two Lovers" toute l'illustration du talent immense de James Gray, appliqué au scénario moins chatoyant du mélodrame quotidien, mais pas si loin que cela de ses grandes tragédies policières : on retrouve cette forme exquise, entre classicisme indémodable (l'école Coppola) et fulgurances ultra-émotionnelles (l'ouverture, grand moment de cinéma "différent", grand moment de cinéma tout court), et cette direction d'acteur, d'une simplicité et d'une justesse exceptionnelles. On ne pourra pas s'empêcher de regretter la volontaire neutralité du traitement de ce sujet qui, ailleurs, provoquerait sang et larmes, mais on réalise bien évidemment que c'est ce paradoxe (impossible de préférer l'une à l'autre des deux amantes de Joaquin Phoenix, même pour le spectateur) qui génère la richesse et la profondeur du film. A la fin, impossible de ne pas pleurer avec Joaquin, physiquement bouleversant, qui, soit dit en passant, ajoute encore un rôle magnifique à sa filmographie.
25 novembre 2008
"La Voie et la Vertu" - le XVIe tome de la saga de Largo Winch...
D'où vient notre lassitude à la lecture de ce seizième tome des aventures de Largo
Winch ? De la désinvolture avec laquelle est traitée une question fondamentale
actuelle telle que celle de nos rapports avec la Chine (rapports économiques,
culturels, sexuels...) ? On n'attend pas d'une BD aussi grand public une vraie
profondeur, et après tout, Van Hamme a le mérite de poser les bonnes questions !
Alors, n'est-ce pas plutôt une certaine usure des mécaniques à l'oeuvre depuis
les premiers tomes de la saga, et qui ne se renouvellent guère ? Aucune surprise
en effet dans cette succession routinière de complots, faux semblants et
chausse-trappes dans lesquelles tombe notre héros moderne, avant de s'en
extirper par miracle, non sans y laisser quelques plumes (ces conséquences,
physiques, morales ou financières, sont d'ailleurs ce qu'il y a de plus
"original" dans la saga LW). Non, le vrai problème ici, c'est que, épuisement de
l'imagination de Van Hamme ou pas, c'est la violence qui permet de résoudre
l'inextricable, plutôt que l'intelligence et le calcul. Une indéniable
régression pour la série...
24 novembre 2008
"Lost - Saison 4" : Plus SF, plus excessive...
Même raccourcie de moitié pour cause de grève des scénaristes, "Lost" reste à peu près inchangée dans cette saison 4, ce qui répète nos frustrations (devant l'artificialité avec laquelle les scénaristes ralentissent la découverte des "secrets" de l'île, c'est-à-dire seulement en "empêchant" toute communication entre les personnages, dont chacun - ou presque - détient désormais une pièce du puzzle) et nos éclairs - toujours fulgurants - de bonheur (je pense au magnifique épisode 5 et son voyage temporel !). Le grand coup de force des scénaristes s'avère néanmoins la quasi invention des "flash forward", qui rajoutent encore une couche à la désorientation du spectateur, et revitalisent indéniablement son intérêt (à quel moment peut bien se passer la scène à laquelle on assiste ?), sans parler du fait qu'ils offrent une ouverture bien rafraîchissante vers l'extérieur de l'île aux plus claustrophobes d'entre nous. Plus nettement "SF" encore que les précédentes, la "Saison 4" a des chances de diviser encore plus adorateurs et contempteurs de "Lost".
23 novembre 2008
Moriarty au Forum de Vauréal le vendredi 22 novembre
On s'inquiète un peu car on est déjà bien en retard, et l'ingé-son galère avec
un "buzz" sur la guitare acoustique, ce qui l'obligera à "changer la ligne" :
comme quoi, quand on assiste à un concert au premier rang avec les Rock'n'Roll
Motherf***s, on s'instruit aussi, on découvre les beaux métiers du spectacle.
Mais finalement, tout rentrera dans l'ordre, et les 6 musiciens hétéroclites de
Moriarty entrent en scène, une scène bien remplie : entre une machine à écrire
(pour l'intro de "Jay Walker", si je ne m'abuse...), une lessiveuse retournée
sur laquelle frapper avec un gros maillet en caoutchouc, il y a un paravent très
kitsch, une table avec un bric à brac rétro, une lampe rouge et un fauteuil,
rouge lui aussi, qui me rappelle celui de ma chambre d'adolescent dans les
70's... La première chose qui frappe, c'est que Rosemary a l'air à la fois
triste et aigrie, et pas du tout le genre de fille que je m'attendais à voir
chanter le
folk primitif et ténu de l'album "Gee Whiz But This is a Lonesome
Town" : plutôt lourde, curieusement mal sapée dans une tenue rouge satinée qui
ne l'avantage pas, les pupilles bizarrement dilatées (quelle substance ? le
stress simplement ?), voici une femme peu aimable, qui ne décrochera qu'un ou
deux maigres sourires fatigués pendant la petite heure et quart de concert qui
suivra. Le reste de l'équipe (les 5 autres, là où je pensais qu'ils seraient 6,
il manque un percussioniste...) exsude par contre une indéniable énergie, voire
une fantaisie qui animera régulièrement l'interprétation de certains morceaux
plus fades du répertoire de Moriarty. On pourra ainsi s'amuser aux poses
"héroïques" de Charles, guitariste en chaussettes, virevolter avec Stephan, le
contrebassiste élastique, ou sourire devant la volubilité aimable de Arthur,
avec son look proto-hippie fort sympathique. Car, le petit plus de Moriarty en
scène, c'est une capacité à théâtraliser leurs chansons, à introduire une
énergie un peu brindezingue et une drôlerie assez légère dans leur musique qui
paraît sinon assez traditionnelle, voire conventionnelle : bref, même lorsque
les morceaux sont faibles (une bonne moitié de leur répertoire, à mon avis), on
ne s'ennuie jamais, il se passe toujours quelque chose sur scène, entre échange
de rôles entre les musiciens, utilisation d'instruments non conventionnels
(outre l'Olivetti Studio 44 et la lessiveuse déjà citées, on
appréciera l'usage
par Rosemary du rouleau de chatterton pour moduler sa voix !) et jolies poussées
d'enthousiasme, en particulier au début du set. Les plus beaux moments de la
soirée - mais des moments vraiment beaux, attention ! - seront : la version a
minima du "Enjoy The Silence" de Depeche Mode, avec xylophone malin, reprise en
choeur tendre par la foule compacte du Forum ; l'époustouflant "Cotonflower"
sur lequel la voix de Rosemary fait des merveilles, et qui se voit tendu par une
interprétation plus agressive en scène ; et surtout, surtout, le magnifique, le
bouleversant "Jimmy", moment de grâce absolue, qui serre le coeur, fait monter
les larmes aux yeux, et donne envie de serrer la main de son voisin ou sa
voisine pour le / la réconforter. Rappel au bout de une heure environ de set,
avec un beau "Private Lily", et, surprise finale,
une chanson en français, si
si, dont notre ignorance crasse de la chanson française nous empêchera de
reconnaître le titre ou l'auteur (pas de set list chez Moriarty, il faut le
savoir !) : du fait de la superbe voix de Rosemary, j'ai pensé un peu à Barbara,
mais ça ne devait pas être ça...
Voilà, c'est fini : un concert qui n'avait rien de
bien extraordinaire, un groupe qui n'ira sans doute pas très loin (un seul
"Jimmy" dans le répertoire !), mais une belle expression néanmoins de ce que
peut produire la musique "live" : rires, émotions, interrogations aussi
(pourquoi tant de tristesse, Rosemary ?)... Après cette soirée, il est vrai que
je n'écouterai plus "Gee Whiz.." de la même façon...
Retrouvez l'intégrale de ce compte-rendu sur le blog des Rock'n'Roll Motherf***s !
22 novembre 2008
"Walk Hard" de Jake Kasdan : Judd Apatow mal à l'aise dans le registre de la parodie...
En regardant - non sans une bonne dose d'ennui -, ce "Walk Hard" sorti directement en DVD en France -, on réalise combien l'humour de Judd Apatow n'est pas compatible avec le concept de parodie. Oui, bien sûr, l'intelligence et la sensibilité "Apatowienne" font qu'on évite complètement les travers répugnants des horribles "Scary Movie" et cie, mais quelque part, la profonde mélancolie et l'angoisse existentielle qui caractérisent le personnage "Apatowien" génèrent une forme de redondance par rapport au sujet même de la parodie : décalque fin et fidèle de "Walk the Line", en n'empruntant pas les boulevards comiques habituels, "Walk Hard" devient une sorte de vrai-faux biopic pas particulièrement drôle, qui hésite entre canular (voir les excellents suppléments sur le DVD) - mais il aurait alors fallu être totalement sérieux ! - et délire (c'est évidemment dans le registre sexuel que l'impertinence de Apatow fonctionne le mieux...). Au final, une large déception à tous les niveaux (sauf musical !).
21 novembre 2008
"Le Bonheur Inquiet" de Lewis Trondheim, un coup pour rien...
Si "Le Bonheur Inquiet' nous enchante moins que les précédents carnets de
Trondheim, est-ce parce que le procédé commence à s'user ? Qu'il y a tout
simplement une limite au nombre de fois que l'on peut rire ou même sourire aux
mêmes micro-événements racontés avec la même distante légèreté ? Ou bien que,
tout simplement, les derniers mois de la vie de Lewis ont été moins riches de
ces instants hypocondriaques et paranoïaques qui sont la matière de son journal
intime / public ? Toujours formellement impeccable, voici un travail qui, à
force de devenir "systématique", à force de se concentrer sur l'anecdotique, frôle l'insignifiance, et mériterait une pause. Allez, Lewis, si tu
revenais à des oeuvres plus grand public, au lieu de continuer à te replier sur
toi et ta petite vie au bonheur inquiet ?