Le journal d'un excessif

Rock, cinéma, BD, littérature, coups de coeur et coups de rage, tout ce qui permet à un excessif de survivre dans l'Europe du XXIe siècle, loin du Brésil...

31 juillet 2008

Séance de rattrapage : "A la Croisée des Mondes : La Boussole d'Or"

Golden_CompassLe triomphe du "Seigneur des Anneaux" a convaincu le marketing des studios qu'il y avait un potentiel encore inexploré dans l'heroic fantasy, en particulier à l'intention des enfants et pré-adolescents. Ainsi ont fleuri les "Narnia" et autres "A la Croisée des Mondes", avec un succès populaire certain. "La Boussole d'Or" présente de nombreux avantages par rapport au sinistre "Narnia" : outre la présence à l'écran d'acteurs importants et compétents (Kidman, Craig, Green, etc.), le film bénéficie d'une thématique "progressiste" revigorante (la nécessaire lutte de la raison contre l'obscurantisme, la science objective comme rempart contre la dictature) qui nous change allègrement du salmigondis christiano-réactionnaire américain habituel. Il est en outre difficile de ne pas être séduits par l'idée forte de Philip Pullman, l'auteur du roman, qui matérialise la conscience de ses personnages par des animaux les accompagnant au long de leur vie, et donc, de leurs aventures... C'est beau, poétique, et même véritablement fort dans certaines scènes qui transcendent les habituels clichés du film pour enfants. Dommage que les scènaristes - sans doute pour simplifier un roman que l'on imagine fleuve - aient choisis des raccourcis incohérents dans la narration, qui prive la quête des personnages de toute logique géographique et temporelle, et décrédibilise largement le récit. On attend quand même le second volet avec une véritable impatience !

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29 juillet 2008

"The Dark Knight" : Impressionnant !

dark_knight_joker"The Dark Knight" est un film aussi important que frustrant. Important, impressionnant même souvent, parce qu'il affronte avec pertinence et honnêteté les vraies questions morales et politiques avec lesquelles se débat l'Amérique depuis le 11 Sept, et que l'ombre de la catastrophe plane, effroyable et tétanisante sur quasiment chacune de ses scènes : le mélange de noirceur apocalyptique et de questionnement fiévreux sur le rôle de chacun - institution ou individu - face au désastre du terrorisme fait du film de Nolan (scénarisé par lui-même) l'une des affirmations politiques les plus lucides et fortes vues depuis des années. Mais, et c'est sans doute la rançon de son ambition (à moins qu'il ne s'agisse d'un complexe vis à vis d'une série TV comme "24", à laquelle on pense souvent ici...), "the Dark Knight" est un film régulièrement frustrant, harassant même parfois, à cause d'un scénario qui fait rentrer de force au moins deux films dans un, s'obligeant à cavaler constamment entre une intrigue foisonnante et une multitude de personnages passionnants et trop vite esquissés (casting d'enfer, pas toujours utilisé à bon escient). Mais le pire est que Christopher Nolan, que l'on a connu jusqu'ici remarquable metteur en scène, inspiré et réfléchi, sacrifie systématiquement ici à une hystérisation des nombreuses scènes d'action, les rendant incompréhensibles et épuisantes, faute de lisibilité. On se dit qu'on est passé à côté d'un véritable chef d'oeuvre visionnaire, comme si, au dernier moment, il avait fallu rendre des comptes au cinéma adolescent le plus décérébré...

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27 juillet 2008

"Good Morning" pour les Maelophiles !

51BxR98NsrLSi quelqu'un avait encore un doute sur la source d'inspiration de MGMT, "Good Morning", somptueuse introduction du dernier album de Sparks, remet les pendules à l'heure : nul ne bat encore les frères Mael quand il s'agit d'electro baroque et enivrante, ils ont tout simplement inventé le genre, loin des regards de la presse occupée à fouetter d'autre chats moins insaisissables. 35 ans après avoir littéralement inventé Queen et fait un tour royal du Glam, 25 ans après un stupéfiant virage disco qui a laissé la majorité des fans sur le bas côté, mais aussi plus de 5 ans après leur chef d'oeuvre absolu, l'expérimental "Little Beethoven", Ron Mael continue d'explorer, à tort et à travers, et on a le droit de ne pas le suivre cette fois-ci sur la voie d'une musique principalement constituée de frêles claviers (du piano classique au synthé ringard des 80's, effet madeleine garanti !) et qui sacrifie pour la première fois la voix sublime de Russell (symboliquement réduit sur la pochette au rôle du singe crooner !). Heureusement, il y a "Good Morning", dès la première écoute l'une des plus brillantes compositions de Sparks, et cela suffira à notre bonheur de maelophiles pour cett année 2008 !

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26 juillet 2008

"Dexter", une série TV ? Pas sûr !

dexterCurieusement, "Dexter" n'a rien d'une série TV et tout d'un film "classique" qui ne se serait pas plié aux contraintes de durée réglementaire : pas de fiction foisonnante, mais une seule et unique intrigue, menée de main de maître avec un scénario très écrit, qui ne laisse pas de place à l'improvisation ; pas de mécanisme répétitif à chaque épisode, mais une progression, certes erratique, le long du fil du récit qui se complexifie ; pas de multiplication de personnages principaux vivant leur vie en parallèle, mais UN personnage (impeccablement interprété par Michael C Hall...) autour duquel gravitent des seconds rôles passionnants, dans un fonctionnement très habituel dans le cinéma. Et quand, au dernier épisode, riche en rebondissements comme tout thriller hollywoodien, l'action se clôt sur une résolution aussi satisfaisante qu'ambigüe, on ne voit pas très bien pourquoi il devrait y avoir une "deuxième saison". Appelons-la plutôt par avance : "Dexter 2 - le retour" !

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25 juillet 2008

"Run, Fatboy, Run" de David Schwimmer et Simon Pegg

run_fatboy_runJ'aime bien Simon Pegg, auréolé des réussites qu'on constitué "Shaun of the Dead" et "Hot Fuzz", sorte d'illustration au goût du jour (comprenez en slacker) de l'homo britannicus éternel, tout au moins telle que l'Angleterre n'en finit pas de se rêver : entre auto-dérision permanente et croyance obstinée en sa capacité de résister au monde, Pegg parcours dans "Run Fatboy Run" le trajet caricatural du prolétaire des "feel good movies" des années post-Thatcher ("the Full Monty", "Billy Elliott"), mais il n'est jamais dupe de sa victoire, qui reste dérisoire. A la fin, il n'a sans doute changé que le regard qu'il porte sur lui-même, mais le spectateur a, lui, passé 90 minutes de plaisir simple devant un bon film populaire. Et l'Américain arrogant a été renvoyé, la queue entre les jambes, à Chicago. Pas si mal, après tout !

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23 juillet 2008

"Doggy Bag Saison 3" - malaise de la troisième saison

Doggy_Bag_Saison_3A sa "3ème saison" de Doggy Bag, Djian navigue désormais sur des eaux bien balisées au cours des 2 premières saisons, et la première "série TV écrite" (à moins qu'il ne s'agisse plus prosaïquement du scénario d'une future série TV "française à l'américaine"...), n'échappe pas aux travers habituel des saisons 3 : entre poursuite routinière des différentes intrigues construites jusque là et tentatives un peu rocambolesques d'additioner de nouveaux fils au récit - trop vite avortées (voir ha ha les mystérieux voisins aux pratiques déviantes), "Doggy Bag" ne gagne pas en épaisseur et échoue donc dans son ambition avouée d'être le "Six Feet Under" du roman français. La grande faiblesse du livre se révèle d'ailleurs à la longue le "point aveugle" du récit que constitue Edith, qui en est le centre de gravité, mais n'a ni épaisseur ni mystère, au point d'apparaître comme un McGuffin maldroit. Sa grande force réside toujours dans le parti-pris provocateur de Djian de laisser hors champs les scènes de violence et de sexe, alors qu'il a mis toute son habileté à faire monter la mayonnaise pour en arriver à ces scènes. Particulièrement pervers ? Oui, mais assez classe quand même... Et puis, comme dans toute série TV qui se respecte, rien de mieux qu'une bonne chute, un bon cliffhanger ! La saison 3 se termine ainsi sur cette phrase brillante : "le ciel était d'un bleu serein, mais, en rentrant, elles le trouvèrent pendu." Tout Djian !

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22 juillet 2008

Séance de rattrapage : "Shine A Light" de Martin Scorsese

Shine_a_light"Shine a Light" ressemble à un concert de rock, a le goût d'un concert de rock, mais n'est pas un concert de rock. Dans la salle : un public de beautiful people bien éduqués, autour de Bill et Hillary Clinton. Sur la scène, le meilleur groupe de rock du monde en 1970, soit il y a près de 40 ans, occupé depuis à jouer et rejouer des chansons impeccables, immortelles peut-être, tant de fois que tout cela ne ressemble plus à grand chose aujourd'hui (d'ailleurs, Keith, un peu pathétique, n'arrête pas d'en rire). Et puis derrière, autour, un ballet de caméras et un mur de spots qui déréalisent encore plus le set... et Scorsese, qui vient de rater son premier film depuis longtemps.

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21 juillet 2008

"No Hidden Path" : Neil Young live à Rock in Rio (Madrid le 27 Juin)

No_Hidden_Path_1Ceux d'entre nous qui étaient au Grand Rex pour le dernier passage de Neil Young à Paris ne l'oublieront pas de si tôt : "No Hidden Path" est la nouvelle grande chevauchée épique du cheval fou Neil Young (bon, Crazy Horse n'est pas sur le coup, mais vous comprenez l'idée...), et la version de 26 minutes qui clôtura (*) le 27 Juin dernier le set de Rock in Rio Madrid (diffusée par TVE2, disponible sur le Net) ravive nos meilleurs souvenirs. Avec une mélodie enchantée comme Neil en pond une ou deux par album, pas plus, avec ce son de guitare cataclysmique inventé voici presque 30 ans pour "Hey Hey My My...", "No Hidden Path" est l'un de ces morceaux épiques qui, tous ensemble, constituent la pierre de touche de l'oeuvre du Loner : "Down By The River", "Cowgirl in the Sand", "Cortez The Killer", "Like a Hurricane", "Powderfinger", "Love and Only Love" (également interprété à Madrid...), etc. Mais ce qui en fait le moment le plus sublime, le plus bouleversant des concerts de cette tournée, c'est la manière dont le vieux tigre semble prendre vie, s'enflammer littéralement à un moment, et trouver une sorte de jeunesse éternelle à travers la furie sonique de ses interminables solos. Interminables car, et on le voit bien sur les images de Madrid, ces instants de grâce sublimes sont le fruit d'un effort, d'une souffrance, d'un travail obstiné : la Beauté ne naît pas ici par hasard, mais à force de remettre l'ouvrage sur le pétrin, ou plutôt de chercher encore et encore dans la glaise amorphe la forme parfaite, ou encore de frotter obstinément les deux mêmes pierres pour que surgisse l'étincelle. Neil Young boulanger pétrissant le pain qui nous nourrira, Neil Young sculpteur qui modèle nos statues éphémères, Neil Young homme de Néanderthal allumant le feu qui nous éclairera dans la nuit noire... des images, toutes justes, pour tenter de saisir le travail d'un Artiste (qui a prononcé le mot "génie" ? Bon, alors celui qui sort de la lampe...) qui, depuis plus de 40 ans, élève régulièrement la musique vers le sublime. Il suffit de voir les visages des spectateursNo_Hidden_Path_2 madrilènes quand l'indicible se produit, quand la guitare leur déchire le coeur, leur met les larmes aux yeux, fait souffler le vent des plaines perdues (oubliées...) sur la foule : bonheur, incrédulité, jouissance même. Le vieil homme sur scène semble se tordre de douleur, devant sa petite troupe de musiciens presque cacochymes qui l'entourent, le protègent, le guident dans sa quête obstinée de la perfection (lui, il les invective, il les fouette du regard, jamais satisfait, toujours plus exigeant...). Son visage déformé par l'âge, évoque celui du vieux marin obstiné : Capitaine Achab de notre génération, Neil Young parcourt encore les océans du monde, transporté par sa furie inextinguible, sa guitare incendiaire à portée de la main, à la recherche de la dernière Baleine Blanche. Et, sur "No Hidden Path", je ne sais pas trop s'il la tue enfin, mais en tout cas, le combat est magnifique.

(*) Note : En rappel, Neil Young interprète pour la première fois "A Day in the Life", l'incroyable morceau de clôture de Sergeant Pepper's. Et on pourrait croire que Lennon et McCartney ne l'ont écrit que pour lui, pour la manière dont sa guitare déchiquetée remplace à elle toute seule - ou presque - l'orchestre symphonique dans la spirale finale. Mais c'est une autre histoire. Heureux Madrilènes !

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20 juillet 2008

"Voyage au Centre de la Terre" d'Eric Brevig. Où sont les lunettes ?

Voyage_au_Centre_de_la_TerrePassons sur l'escroquerie manifeste que constitue le lancement en grandes pompes d'un nouveau procédé "révolutionnaire" de "cinéma en relief", alors que l'on découvre à l'entrée de la salle qu'il s'agira d'une projection normale, et que seulement 2 salles à Paris sont en fait équipées pour le nouveau système... Et parlons (juste avant de le rayer de nos mémoires) de ce film "lambda" pour enfants, qui se contente de revisiter paresseusement la trame du "Voyage au Centre de la Terre" de Jules Verne : hormis les efforts (habituels dans les "films en relief") pour multiplier l'envoi d'objets en tous genres vers le spectateur (ici, époque trash oblige, on aura beaucoup de sécrétions diverses qui gicleront sur la caméra), la mise en scène de Brevig se réduit à la gestion tonitruante d'effets spéciaux standards et l'alignement de scènes convenues, tandis que Brenda Fraser fait du Brendan Fraser mais a depuis longtemps épuisé notre capital de sympathie. Triste !

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19 juillet 2008

The B-52's au Bataclan le vendredi 18 juillet

2008_07_The_B52s_Bataclan_029Ce vendredi 18 juillet à 22 h 00, il fait très très chaud sur la "Planet Claire", et dans la salle du Bataclan, aux murs ruisselants de condensation, on peut faire bouillir un "Rock Lobster" en le posant sur n'importe lequel des spectateurs du concert des B52's : car, du premier rang (où nous sommes installés, Gilles B, Brigitte, Sophie et moi...) au fond du balcon (Robert s'y est réfugié pour prendre des photos et nous garantira qu'il y faisait même encore quelques degrés de plus), le Bataclan danse et pogote dans la plus folle gaîté. Sur scène, Cindy Wilson, devant moi, malgré le ventilateur qui brasse l'air juste en face d'elle, me paraît régulièrement frôler le malaise : il faut dire que Cindy, la cinquantaine franchie, a pris pas mal de poids, et continue à s'agiter gracieusement dans un ensemble noir un peu trop serré pour elle (voir ce gros ceinturon qui lui comprime le ventre rond et qu'elle finira par enlever pour s'amuser à venir menacer de frapper Gilles...). Finalement, tout cela est-il bien raisonnable ? Pas sûr...! Pourtant, malgré l'intensité déraisonnable de la chaleur ce soir, personne autour de moi - même Brigitte qui, fashion slave, est venue en escarpins à talons hauts, et ne sent plus ses orteils depuis longtemps - ni personne sur la scène ne semble regretter d'être là ce soir. Et si l'enchaînement "Planet Claire" / "Rock Lobster" était ce qu'on a entendu de plus excitant cette année ? Et si les B52's, folle équipe gay qui renvoie les Scissor Sisters dans leur placard à vêtements pailletés, revenue en 2008 au rock fun fun fun après des années d'égarement puis de silence, nous avait donné ce soir leur meilleur concert, à l'exception notable de leur inoubliable apparition au Palace, en 1979, en première partie de Talking Heads ?2008_07_The_B52s_Bataclan_023

Après le juvénile Eli Paperboy Reed il y a 3 jours, je dois dire que j'ai eu un choc en voyant les idoles passées de la surf-music apparaître sur scène : mis à part le sidérant Keith Strickland, véritable Dorian Gray du rock (il a 53 ans et en paraît 35, si le fait d'être gay permet ce genre de miracle, il va falloir nous y mettre tous... à moins qu'à Athens, Georgia, la chirurgie plastique ne soit particulièrement performante ???), tout ce petit monde s'est pris trente ans dans la figure et/ou autour des hanches, et cela se voit !!! Le numéro de grande folle de Fred Schneider, à 57 ans, avec son fameux "sprechgesang" à peu près inimitable, paraît encore plus surréaliste - ah, le maniement du walkie-talkie sur "Planet Claire", tiens les larmes m'en viendraient presque aux yeux, s'il n'y avait déjà la sueur qui les pique... -, et la renversante Kate Pierson, qui, osons l'avouer, a dépassé les 60 ans, évoque régulièrement une version délurée de votre grand-mère favorite (à vous, les plus jeunes qui me lisent !) dans sa guépière et ses fishnet stockings. Mais foin des années, les B52's sont revenus au rock, et appuyés par un backing band qui déménage (mention spéciale à la bassiste black qui s'amuse comme une folle derrière le quatuor) et un son excellent - voix un peu 2008_07_The_B52s_Bataclan_033sous-mixées d'où nous sommes, mais rien de dramatique - et bien fort (un soupçon d'acouphènes ensuite, toujours un bon signe, ça !)... et la nostalgie n'a absolument rien à voir, dieu merci, avec le plaisir que nous prenons tous. Gilles B saute sur place comme s'il était agité de tics déments, et sur l'accélération hystérique - toujours aussi imparable - de la dernière partie de "Rock Lobster", tout le monde dans la salle pousse des cris d'animaux marins ("rrrrooooo" comme le narval, "bbbllll" comme la raie manta, ce genre de choses). Putain de beau concert Rock'n'Roll !

Bon, l'honnêteté me pousse à avouer quand même que les 90 minutes n'ont pas toutes été au niveau de ce premier rappel hallucinant, qu'il y a eu un bon passage à vide d'une vingtaine de minutes, entre chansons tièdes des années 90 et éclipse passagère de Fred Schneider qui permet de constater que, sans le jeu hilarant du dialogue garçon-fille permanent qui hystérise leur musique, celle-ci ne tient pas aussi bien la route (je pense au dernier single, "Juliet of the Spirits", hommage un peu plat à la merveilleuse Giulietta Masina et son éveil à la sexualité dans le beau film de Fellini)... Mais il y a eu aussi "Pump" en ouverture redoutable - prouvant qu'après un arrêt de 16 ans, les B52's sont revenus avec quelque chose à dire, "Strobe Light" - l'une de mes chansons préférées de toute la discographie des B52's -, "Party out of Bounds" avec un public aussi déchaîné que la folle partie sous drogues et alcool décrite par Fred, Cindy et Kate titubant sur scène, "Private Idaho" avec son riff tranchant (je n'ai réalisé que plus2008_07_The_B52s_Bataclan_051 tard que j'avais complètement zappé sur le fait que Keith Strickland était, avant la mort de Ricky Wilson, le BATTEUR du groupe ! il est tellement impérial ce soir qu'il est impossible de soupçonner qu'il n'était pas dès l'origine responsable de ce merveilleux son de guitare des B52's), la dance music radio friendly de "Love Shack"... Il y a eu un concert finalement impeccable, aussi joyeux et généreux (Keith viendra à la fin remettre personnellement un mediator à une petite fille à côté de moi et un autre à Sophie...) que déjanté et intense.

Pour reprendre la formule consacrée, cruelle mais juste : ceux qui n'étaient pas là ce soir ont eu tort ! Ils auraient pris un bon bain de jouvence, sans parler bien sûr d'une belle séance de sauna en supplément ! Et ils auraient pu profiter d'un conseil impayable de tante Schneider : "Ne jamais aller au centre commercial sans s'être d'abord pris une bonne ration de drogues et/ou d'alcool" ! A bon entendeur...

Retrouvez tous nos CRs de concerts sur le blog des Rock'n'Roll Motherf***s !

Posté par Excessif à 07:33 - Concerts - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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